C’est d’Ottawa que je vous écris cette chronique. J’étais venu pour la fête des tulipes. Manque de pot (!), j’ai raté le rendez-vous. Tout ce que j’ai vu, ce sont des tiges à têtes nues avec plein de pétales tombés tout autour. On connaissait l’expression «une heure plus tard dans les Maritimes», mais là, je viens d’en inventer une autre : «Une semaine trop tard à Ottawa.»

Qu’à cela ne tienne, je me suis rabattu sur le Musée des sciences et de la technologie du Canada pour visiter Sexe : l’expo qui dit tout. Vous savez, la patente que le ministre du Patrimoine canadien James Moore juge «insultante pour les contribuables». Vous devi­nez bien qu’il n’en est rien. Sauf que tout le monde a droit à son avis, même un ministre conservateur. Juste pas obligés de penser pareil, ce que vous faites probablement déjà…

Pour ceux qui ne l’ont pas vue, le but de cette expo est d’expliquer le plus clairement possible ce qu’est la sexualité, avec un maximum de varian­tes, aux jeunes âgés de 12 à 17 ans. Vu l’indignation dudit ministre, l’âge minimum pour y avoir accès seul et sans adulte a été repoussé à 16 ans. Bon… Et on y retrouve quoi? Des photos de monsieurs et de madames tout nus, des panneaux question-réponse, des vidéos sur la séduction, des présentoirs avec des condoms, des pilules anticonceptionnelles et autres machins en vente partout. Y a aussi des témoignages d’homosexuels, garçons et filles, qui racontent leur sortie du placard. Et, en toute fin de parcours, une cabine interactive où on peut écouter un médecin qui donne des conseils sur les moyens pour interrompre une grossesse. Dans le genre «consultez votre médecin le plus tôt possible ou entrez en contact avec une clinique spécialisée». On gage combien que c’est ça qui a dû faire capoter le ministre et ses amis bleus? Ceux-là mêmes qui veulent ramener une fois de plus la question de l’avorte­ment au programme des débats. Une affaire pourtant réglée depuis très longtemps. Quelle fâcheu­se habitude ils ont de toujours vouloir tout refaire comme si on s’était trompé le premier coup. M’énervent…

Ceux-là, je me demande sur quelle année ils sont restés collés…

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Parlant de retour dans le futur, un de mes amis, fier papa de son état, a vu un de ses fils bousculé, poivré et insulté par les forces de l’ordre samedi soir sur Saint-Denis. Son crime : avoir été là. Bête de même. En le repoussant, vous savez ce que lui disaient nos sympathiques constables? «Va donc te faire couper les cheveux, maudit pouilleux!» Le genre d’insignifiance que mes frères aînés se faisaient crier par nos mononcles les plus épais, il y a de ça 40 ans. Dites, messieurs les agents, vous la prenez où, la potion qui vous fait ainsi reculer dans le temps? Vous finirez ministres conservateurs si vous continuez ainsi…

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Dans le cadre de la rubri­que «On recommande», il y a le film Laurence Anyways, de Xavier Dolan. Brillant. Très. Oui, 2 heures et 40 minutes, c’est long. Pis? Avez-vous déjà
reproché à un peintre la lar­geur de sa toile? Bon ben, c’est ça!

Également, au Rideau-Vert, on présente Une vie presque normale, une adaptation du succès de Broadway Next to Normal. Une pièce fort efficacement montée par Mme Filiatrault. Quand le théâtre et la musique s’unissent pour nous montrer une autre facette de la maladie mentale. Touchant. Mais alors là, tellement touchant. Pendant qu’on crie bravo, on a aussi envie de chuchoter, merci…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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