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J’haïs profondément l’hiver. Mais, au moins, j’aime les arbres de Noël. Cette année, je suis béni, on n’a pas encore vu le premier et je viens tout juste de faire le second. Le score est donc de 1 à 0 en ma faveur.

Mon arbre, acheté en spécial chez Jean-Coutu il y a quelques années, est d’un vert absolument douteux. Pour demeurer dans le ton, je le décore avec des parures du magasin à 1 $. C’est bien en masse vu sa courte fonction annuelle. Ainsi hypothéqué par cette désarmante simplicité, mon simili roi des forêts ne sera jamais admis au panthéon des arbres de Noël. C’est peut-être de là que vient l’expression : né pour un p’tit pin.

Mon voisin, lui, est habituellement le champion des sapins de lumières. À chaque année, il nous en fout plein la vue à travers la vitrine de son salon avec son travail toujours impeccable. Malheureusement, ce coup-ci, il doit sauter un tour. Sans emploi depuis presque un an, son budget serré lui interdit de se (de nous) procurer ce rare plaisir. À sa shop, ils ont fait des coupes et, malgré ses efforts soutenus pour se trouver quelque chose ailleurs, rien n’a fonctionné. Shit de vie…

Il n’est pas le seul qui est pris comme ça présentement, c’est fou le monde qui a perdu sa job en 2015. Les raisons vous les connaissez : les efforts de rationalisation, les avancées technologiques, du bli-bli et autres bla-bla. Sans parler des projets d’expansion et d’implantation d’usines dans des pays où – tu parles d’un adon, toi… – l’ouvrier moyen est généralement payé dix fois moins qu’ici.

Parmi les victimes de 2015, autour de moi, des petits salariés sont tombés. Mais aussi du monde qui avait 30 ans d’ancienneté et qui avait toutes les raisons de se croire protégé. Et des directeurs, et des V-P qui se sont fait dire que, désormais, on les tiendrait à l’écart de la grande équation. Avec le résultat que tous, sans exception, qu’ils soient riches ou sans le sou, ont le sentiment de ne plus être des actifs pour la société. Aujourd’hui, faute de jobs, j’ai une bonne pensée pour eux.

Décidément, il n’y a pas que les sapins de Noël cheap qui ne brillent qu’un temps.

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On s’est récemment beaucoup questionné sur le statut de journaliste de David Desjardins qui, pour joindre les deux bouts, a fondé son entreprise de marketing de contenu. Vive la réflexion, y a rien de plus sain dans une société. La Fédération professionnelle des journalistes du Québec l’a même botté hors de ses rangs. Étant plutôt connaissant du côté «culturel» de la chose, puis-je me permettre une question? Qu’est-ce qui est le plus dommageable sur le plan de l’éthique et/ou de la crédibilité journalistique? Le cas Desjardins ou alors ces chroniqueurs-réseauteux qui passent leur week-end à Osheaga dans la section VIP à se prendre le selfie plutôt que d’arpenter le terrain pour aller voir des spectacles? Ou encore, des journalistes qui réservent leurs critiques, histoire de ne pas avoir trop de soucis quand viendra la prochaine rentrée du Cirque du Soleil ou de Céline à Vegas?

Rendu à mon âge, les leçons de déontologie, bof, vous savez…

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