Ça fait déjà un bail que je tripe sur le concept des micromaisons (tiny houses) qui est apparu ces dernières années aux États-Unis. L’idée, pour ceux qui ne la connaissent pas, c’est de bâtir des maisonnettes – genre 25 m2, pour deux personnes, gros max – qui offrent toutes les installations pratiques nécessaires afin d’y mener une vie tout à fait correcte. Avec l’ambiance lourde qui prévaut depuis un bout, on a bien le droit de rêver de se cacher dans un cocon…

Vu l’exiguïté des lieux, oubliez le superflu, ça ne rentre tout simplement pas. D’ailleurs, quand on s’attarde à la chose, on constate que nos avoirs de surplus comptent pour une grosse part de nos possessions. J’ai fait le test. C’est en regardant mes bibliothèques que ça m’a sauté aux yeux. Tant de livres. Lus ou, pire, pas encore ouverts. En attendant, je les époussette. Pareil pour mes disques. Plus vraiment besoin d’eux puisque j’ai tout mis dans mon ordi. Et je ne vous parle même pas de mes armoires de cuisine… Archi pleines et débordantes de choses inutiles. Ne cherchez pas plus loin, la fée du logis, c’est moi. J’ai assez de vaisselle pour nourrir un régiment, en masse de verres pour paqueter un congrès de marins partis sur la go et une panoplie de chaudrons avec laquelle je pourrais lancer le festival international des soupes du monde… Même affaire pour mes vêtements. Étant un adepte de la technique Christiane Charette – toujours habillé sensiblement pareil –, je pourrais aisément me passer d’à peu près tout ce qui traîne dans mes penderies.

Tout ça pour dire que l’idée de vivre en se fiant sur ce dont on a besoin et non pas avec ce dont on croit avoir besoin continue à faire son chemin dans ma tête. N’allez surtout pas penser que je suis sur le point de me convertir à la simplicité volontaire et de devenir un disciple de la privation, c’est pas trop mon truc. J’aime bien être le premier utilisateur de mes chaussettes et je ne suis décidément pas très doué pour attendre mon tour afin de me taper le journal d’il y a deux jours…

Le problème, c’est de pouvoir «accéder» à moins. Facile, vous dites? Bien, pas tant que ça… Le prix moyen des micromaisons toutes équipées tourne aux alentours de 50 000 $. En connaissez-vous des villes – qui se fient sur la taxe foncière pour garnir leurs coffres (plus ta maison vaut cher, plus tu rapportes…) – qui seraient ouvertes à un tel type de développement? Sans parler des banques qui font un fric fou à partir des intérêts sur les grosses hypothèques. Additionnez ces deux données et ce n’est vraiment pas demain la veille qu’on verra un quartier de micromaisons prendre forme sur l’île de Montréal. Dommage…

Au moment où on ne sait plus quoi faire pour ramener du monde en ville en leur proposant moult programmes d’accès à la propriété, j’ai l’impression qu’on est en train de manquer quelque chose.

Pas facile, faire simple quand on rend tout si compliqué…

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