Mario Beauregard/Métro Mike Ward a reçu l'Olivier de l'année, mais avait boycotté le gala.

François Morency a brillamment animé le Gala Les Olivier dimanche. Il a même donné une véritable classe de maître dans les circonstances. Et ces circonstances, vous les connaissez: il s’agit de la censure d’un sketch – assez comique d’ailleurs – qui avait pourtant été commandé à Mike Ward et Guy Nantel sur la liberté d’expression. Paradoxe, quand tu nous tiens…

Cela dit, j’ai beau faire tous les efforts possibles et impossibles, ce que je vois ici n’est qu’un simple cas de censure. Clair, net, parfaitement nono en soi, mais rien de plus que ça. Pour l’attaque contre la liberté d’expression au sens large, on me permettra de ne pas embarquer dans la chaloupe, mais je réserverai l’horreur de ce concept à ceux qui habitent des coins du monde où la dissidence n’existe pas.

Ce n’est jamais la meilleure idée de succomber à l’enflure. On l’a beaucoup fait au cours des derniers jours. En prenant une autre plonge dans l’océan de la démesure. À cet égard, les médias ont encore une fois été parfaits. Du pas vu depuis la conférence de presse surréaliste qui avait suivi le Bye Bye 2008 où les Cloutier-Morissette avaient dû affronter les journalistes comme s’ils avaient commis les pires crimes. Des fois, je vous jure, on a donc le don…

Ce qui est étrange, dans cette histoire, c’est que dans tout ce qui a précédé le Gala, tout le monde avait pourtant fait ce qu’il avait à faire. Ward et Nantel ont livré un texte qui respectait le cadre qui leur avait été fixé. Le diffuseur avait préalablement demandé au producteur de la soirée de prendre une police d’assurance, ce qui avait été dûment fait. L’assureur, pour être bien sûr de savoir dans quoi il s’embarquait, avait fait lire le texte à un avocat-conseil. Et l’avocat, histoire de bien protéger son client face à toutes les éventualités, avait conseillé à l’assureur d’informer le producteur de retirer ledit numéro, ce que le diffuseur avait docilement accepté de faire. Tout cela dans un ordre des choses tellement banal que c’en est plate.

L’idée derrière tout ça, c’était de ne pas prendre la moindre chance. Parce qu’on ne sait jamais d’où arrivera la prochaine bombe susceptible de nous sauter en pleine gueule.

Ça m’a rappelé une histoire. Il y a quelques années de cela, la directrice d’une garderie m’avait confié combien c’était rendu compliqué de dresser un menu qui convienne à sa marmaille, vu l’apparition exponentielle de la mention «peut contenir des traces de…» sur l’emballage de produits qui, jusque-là, étaient totalement inoffensifs et sans danger. «Les fabricants ont tellement peur de se faire poursuivre qu’ils préfèrent désormais écrire cette mise en garde partout, même si ça n’a rien à voir. Comme ça, ils s’organisent pour être inattaquables s’il fallait qu’une quelconque réaction allergique survienne à qui que ce soit», m’avait-elle expliqué.

Or, c’est exactement le contraire qui est arrivé avec les Olivier de 2016. On a voulu livrer une soirée «sans aucune trace de…». Aujourd’hui, il est permis de croire que certaines traces sont là pour rester…

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Oh que j’aimerais ça, vivre à temps plein dans le monde où James Taylor m’a accueilli vendredi soir au Centre Bell. Parce que c’était juste beau, juste bon. Ça fait 40 ans que je vais voir des spectacles. Mais c’était bien la première fois que je voyais un artiste passer l’entracte complet sur le bord de la scène à signer des autographes pour faire plaisir à ses fans. Ce moment-là, je n’oublierai jamais.

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«Si je suis chef du Parti Québécois en 2018, pendant 4 ans, nous allons être – pas un bon gouvernement – un hostie de bon gouvernement!» Dans un accès de populisme sans précédent, Jean-François Lisée vient de nous montrer enfin de quel bois il se chauffait dans sa vraie vie. Sans vouloir porter davantage atteinte à son intimité, ça a l’air qu’il a lâché un puissant «tabarnak» l’autre matin quand il s’est pété le petit orteil sur le cadre de porte. Quand il se laisse aller, notre Jay-F, il s’humanise…

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