En lançant une robe «fabriquée à la main à Montréal» vendue 60$,
 Marilou a soulevé l’ire de plusieurs designers d’ici, qui jugent que ce prix ne reflète pas les coûts réels 
de la fabrication locale.

Comment la gourou de Trois fois par jour a-t-elle fait ses calculs,
 alors que d’autres créations en lin coûtent plus de 150$ chez la «compétition»? Tentative d’explications. (Promis, c’est la dernière fois qu’on en parle!)

La «robe d’intérieur» en lin de Marilou ne fait pas l’unanimité, c’est le moins qu’on puisse dire. Au delà de la controverse entourant le la fonction du vêtement – rétrograde, selon certains – et de son esthétisme – le qualificatif «poche de patates» est parfois revenu dans les commentaires, aux côtés des éloges bien sentis –, nombreux sont les acteurs de l’industrie de la mode montréalaise qui ont questionné le prix étiqueté.

Selon celle qui a réalisé le design de la fameuse robe, Amélie Hébert, la recette du succès de Trois fois par jour est simple : «Très peu de marge de profit.»
«Après, comment expliquer aux gens le vrai coût des vêtements faits ici», déplore pourtant la designer Carine Châtelais (Maillagogo) sur 
Facebook, se faisant en quelque sorte la porte-parole de certains créateurs de mode d’ici qui peinent à concurrencer ce genre de prix.

«Soixante dollars, c’est presque le prix gros pour une robe de lin fabriqué en Asie dans de grands volumes, évalue le professeur à l’École supérieur de mode de l’ESG UQAM Jocelyn Bellemare. Habituellement, le coût d’usine pour une robe comme celle-ci dans des grands volumes est de 15$ au plus bas prix, et ce, dans des ateliers performants. Sinon, vous devez payer presque le double par robe pour la confection.»

À ces coûts, il faut ajouter la matière première, continue-t-il. «Il ne faut pas non plus oublier les frais de vente, de transport, d’emballage, etc. Il manque un bout dans l’équation et ce sera probablement le profit.»

Calculs complexes
«[Déterminer le prix d’un vêtement] n’est pas une chose simple», rappelle néanmoins la directrice technique du Centre de recherche et d’innovation en habillement Vestechpro, Christine Harding, se faisant l’avocat du diable.

«Beaucoup de variables doivent être prises en compte : 
les coûts de la matière – par exemple, la provenance du lin et son grade – et de production – plus il y a de couture, plus ça coûte cher –, mais aussi la marge de profit qu’on souhaite faire, souligne-t-elle. On ne peut pas dire que [vendre une robe en lin fabriquée localement à 
60$] ne se peut pas sans avoir toutes les données.»
Selon la spécialiste, le consommateur moyen ne peut pas non plus tirer ses propres conclusions simplement en comparant les prix étiquetés. «Un n’est pas mieux que l’autre, martèle Mme Harding. Si vous aimez le design, la coupe et le rapport qualité-prix, il faut que le choix s’arrête là. Tout le monde a sa place; développer des produits moins chers donne aussi la chance à ceux qui ont moins de moyens de se procurer une robe en lin [fabriquée au Québec].»

Des robes
 de lin pour 
le printemps
Métro a recensé quelques modèles de robes aux caractéristiques semblables, quoique davantage coupées près du corps, et fabriquées localement. Les fashionistas on l’embarras du choix, et ce, à tous les prix.

1. 
Robe tablier No 1717 (55% lin, 45% coton),
 Atelier b, 216$

2. 
Robe Rapture (100% lin),
 Jennifer Glasgow, 209$

3. 
Robe Rhubarbe (lin et polyester),
 Maillagogo, 150$

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