Éditions de robes Les boutiques Éditions de robes offrent maintenant une compensation pour les coûts de stationnement à leurs clients qui viennent magasiner en voiture.

Rouler – dans des rues où les cônes oranges font la loi –, affronter les embouteillages et tourner en rond pendant de longues minutes avant de finalement trouver une place de stationnement… Il faut être courageux patient pour choisir de magasiner au centre-ville en voiture!

Pour adoucir l’humeur de ceux qui s’y risquent, certains commerçants choisissent de rembourser les frais de stationnement. Certes, ce n’est pas nouveau. La stratégie, depuis longtemps adoptée par les grandes surfaces, des épiceries notamment, permet aux consommateurs de ramener chez eux leurs lourdes emplettes plus facilement. Lourdes étant ici le mot-clé.

La nouveauté, c’est que les petits détaillants indépendants s’y sont mis. C’est du moins le cas d’Éditions de robes, qui vient d’annoncer à ses clients qu’un montant fixe de 10$ sera déduit de tout achat en boutique en guise de compensation, «question d’alléger [les] déplacements à travers les chantiers montréalais et la pénurie de places libres dans les rues».

Il faut dire que les deux boutiques de la marque sont situées en plein cœur de l’action, sur les rues Saint-Viateur Ouest et Crescent.

Reste que récompenser les déplacements en voiture suscite en moi un certain malaise. Qu’en est-il de ceux qui voyagent à pied, à vélo ou en transport en commun? Poser la question, c’est raviver un débat qui n’est pas encore clos alors que la rue Sainte-Catherine Ouest s’apprête à vivre un grand chantier qui entravera d’autant plus la circulation.

Avec son offre distinctive, Éditions de robes pourrait remplacer le défunt BCBG dans le cœur des fashionistas qui se cherchent une robe pour une occasion spéciale. Il faut que le mot se passe, et autrement qu’en offrant des encouragements à la voiture solo.

Je laisse le mot de la fin à l’architecte et designer urbain Étienne Coutu, actuellement responsable du soutien aux élus au cabinet du maire de Montréal, qui avait donné son opinion à ce sujet dans les pages de La Presse en 2014:

L’adéquation qu’on faisait autrefois entre les places de stationnement mises à disposition des consommateurs et la vitalité commerciale des artères n’a pas été prouvée. Ce «théorème» n’est pas vérifié, et au 21e siècle, avec la montée en force de moyens de déplacement alternatifs, que ce soit par transport en commun, à pied ou en vélo, il est encore plus faux qu’avant de l’avancer. Non, le stationnement, même gratuit, n’est pas garant d’une réussite commerciale. Le consommateur recherche aujourd’hui une expérience agréable quand il va magasiner. Il ne veut pas qu’acheter, il veut être vu quand il achète, et pouvoir diversifier son expérience d’achat avec d’autres activités, qui ne sont pas nécessairement liées à la consommation.

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