Getty Images Les défilés de la Semaine de mode de Paris (ici, Valentino, en mars 2015) ne pourront plus mettre en vedette que des mannequins à l'IMC jugé «correct».

En France, il est désormais interdit de recourir à des mannequins «dont l’indice de masse corporelle est inférieur à des niveaux définis». C’est donc à dire que la maigreur extrême est bannie des passerelles, notamment à la semaine de mode de Paris, un des plus gros événements du genre au monde, sous peine d’être mis à l’amende et de passer jusqu’à six mois derrière les barreaux.

Si certains sont d’avis que cette mesure n’aura que peu d’impact sur le manque de diversité des modèles de beauté (et c’est probablement vrai), d’autres ne peuvent s’empêcher d’applaudir sans réserve cette initiative qui a le mérite de criminaliser l’adulation de corps décharnés et (parfois, pas toujours, il faut bien le dire aussi) maladifs. Parce qu’il ne faudrait pas non plus punir les filles que la nature a pourvues d’une silhouette longiligne. Il faudrait cependant que toutes les tailles soient représentées dans les défilés, mais aussi dans les magazines et dans les médias en général. Pas dans des éditions spéciales «Rondes» publiées une fois par année, mais chaque mois. Dans les publicités et au cinéma également. Il est là, le vrai défi.

Pour ramener le débat sur une scène plus locale, la courue Braderie de mode québécoise, qui commence jeudi, fait sa part à sa manière. Pour la deuxième année, elle organise dans l’enceinte du Marché Bonsecours une soirée VIP au profit de l’organisme ÉquiLibre mercredi, à la veille de l’ouverture officielle des portes. Les billets, en vente au coût de 100$, donnent entre autres un accès privilégié dès 16h pour faire ses emplettes.

On a beaucoup parlé des tailles plus ces dernières années, laissant de côté d’autres facettes de la diversité corporelle, notamment les «petites». Dans le milieu de la mode, elles sont carrément absentes. Je tiens à rappeler que selon Statistique Canada, la femme moyenne mesure 162,1 cm (5 pieds 3) et pèse 66,8 kg (147 lbs).

Bref, même si le Québec s’est, lui, doté d’une charte pour une image corporelle saine et diversifiée en 2010, je ne crois pas que les choses ont énormément bougé en cinq ans. Il y a ceux qui y croyaient déjà et ceux qui restent encore à convaincre. Ceux qui font le pari qu’en 2015, une grande blonde aux yeux bleus vend plus.

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