Des individus, des organisations communautaires et des autorités fédérales aux États-Unis plaident pour que cesse l’utilisation du terme «accident» quand il s’agit d’accrochages ou de collisions routières. Selon eux, il serait plus approprié d’utiliser de mot «crash» (qui pourrait se traduire par «collision»), un terme jugé plus neutre et qui ne déresponsabilise pas les conducteurs fautifs, qui roulaient en état d’ébriété, par exemple.

Dans une sorte de manifeste en ligne publié sur www.crashnotaccident.com, on peut lire: «Les avions n’ont pas d’accidents. Ils s’écrasent. Les grues n’ont pas d’accidents. Elles s’effondrent. Comme société, nous nous attendons à trouver des réponses et des solutions. Les collisions routières sont des problèmes qui peuvent être réglés, et qui sont causés par des rues dangereuses et des conducteurs aux comportements non sécuritaires. Ce ne sont pas des accidents. Arrêtons d’utiliser le mot “accident” dès aujourd’hui».

L’idée fait son chemin depuis quelques temps déjà, mais elle a été mise en évidence lundi, alors que le New York Times a publié un article à ce sujet sur sa page frontispice.

«Quand on utilise le mot “accident”, c’est comme si on disait “c’est un acte de Dieu”», a fait remarquer Mark Rosekind, l’homme à la tête du National Highway Traffic Safety Administration, dans une conférence donnée il y a deux semaines à la Harvard School of Public Health, et dont les propos ont été reportés dans l’article du New York Times.

Toujours selon cet article, la majorité des accrochages routiers seraient dus au comportement des conducteurs (conduite sous l’influence de l’alcool, distractions diverses et autres activités risquées), alors que 6 % seulement seraient causés par le mauvais fonctionnement d’un véhicule ou la météo, par exemple.

Des appuis
En 2014, dans son plan d’action Vision Zero, la ville de New York affirmait que «le statu quo n’est pas acceptable. La Ville de New York ne doit plus considérer les collisions routières comme des “accidents”, mais plutôt comme des situations qui peuvent être évitées et auxquelles il est possible de répondre».

Plus tôt en avril, le Associated Press Stylebook (un guide d’écriture perçu comme une référence dans le milieu du journalisme et au-delà) a aussi pris position sur le sujet, dans des tweets précisant que le terme «accident» devrait être évité dans les cas où la négligence est pointée du doigt ou a été prouvée. «Accident» laisserait sous-entendre que le responsable de la collision est exonéré.

Et plus récemment, l’idée a reçu l’appui de Janette Sadik-Kahn, l’ancienne commissaire aux transports de la ville de New York, qui a transformé cette ville et a publié en mars dernier avec Seth Solomonow le livre Street Fight. Handbook for an urban revolution. «Notre choix de mots est important – Adoptons le langage de la vie», commente-t-elle.

Et le mot-clic #crashnotaccident est assez populaire ces jours-ci sur Twitter.

Bien sûr, c’est un débat qui ne fait pas l’unanimité. Un accident, même s’il est le fruit d’une négligence, demeure un événement non intentionnel, disent d’autres.

D’après vous, est-ce que les mots ont le pouvoir de changer les comportements ou les mentalités, en ce qui concerne les collisions routières? Est-ce que changer les termes peut changer le bilan routier?

Définition (résumée) d«accident» selon le Petit Robert : Événement fortuit, imprévisible. / Événement fâcheux, malheureux. / Événement imprévu et soudain qui entraîne des dégâts, des dangers.

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