Getty Images Le Loring Park de Minneapolis au Minnesota

Depuis 5 ans, le Trust for Public Land (TPL) (un organisme sans but lucratif américain voué à la création de parcs et à leur protection, dans une perspective axée sur les bienfaits sur les personnes et sur les communautés) publie le ParkScore Index, un palmarès qui évalue les 100 villes américaines les plus populeuses en fonction de leur système de parcs publics (autant au niveau municipal, de comté, d’État et fédéral).

Cette année, Minneapolis arrive en tête du classement, suivie de St. Paul (Minnesota), Washington D.C., Arlington (Virginie) et San Francisco. Je présente le top 10 à la fin du texte.

Les villes répondent à un questionnaire détaillé transmis par le TPL. Cinq éléments sont évalués: la taille médiane des parcs, le pourcentage du territoire de la ville consacré aux parcs, l’argent investi par habitant (calculé selon la moyenne des trois dernières années), les infrastructures ou équipements (parcs à chiens, paniers de basketball, aire de jeux pour petits et centres récréatifs intérieurs/pour personnes âgées) et l’accès aux parcs (selon le pourcentage de la population qui a accès à un parc en 10 minutes de marche – une distance de 0.8 km / 1/2 mille).

Le TPL s’active pendant toute l’année à compiler les données et à travailler sur le palmarès, m’a confié au téléphone Adrian Benepe, vice-président sénior et directeur du développement des parcs urbains. M. Benepe est aussi un ancien chef des parcs de la Ville de New York.

Le travail semble colossal et pertinent, compte tenu des bénéfices qu’apportent les parcs urbains. Comment, en effet, améliorer les parcs sans avoir de données à leur sujet?

Ce qui est fascinant ici, c’est que seulement deux villes sur 100 ont refusé de fournir les données au Trust for Public Land.

Fait étonnant, M. Benepe a l’impression que Montréal ferait bonne figure au palmarès. «Le Canada a un bon historique en termes de parcs». Le TPL a d’ailleurs fait une évaluation informelle de Toronto. «Elle se hisserait probablement dans le top 5», m’a-t-il confié.

Cette semaine, j’ai demandé à la division des Affaires publiques de la Ville de Montréal si ces données (ou des données semblables) existaient. On m’a répondu que des plans directeurs existaient seulement pour les grands parcs, qu’il faudrait s’informer aux arrondissements pour les parcs locaux, et qu’il n’existe aucune donnée en ce qui a trait à leur accessibilité en termes de distance de marche. Avec ça, il serait probablement difficile de remplir toutes les cases du questionnaire du TPL…

J’ai aussi questionné le Conseil régional de l’environnement de Montréal, à savoir s’ils avaient déjà mené un exercice semblable à celui fait par le TPL. «Non, m’a répondu Emmanuel Rondia, qui est le responsable campagnes Espaces verts et milieux naturels. [Mais] cela pourrait être très intéressant de mener l’exercice pour Montréal». M. Rondia n’avait pas non plus connaissance d’un tel travail mené pour Montréal.

«Il est impossible d’avoir une ville géniale sans un système de parcs d’envergure, affirme M. Benepe. Les parcs rendent les villes conviviales. Ils procurent de nombreux bénéfices environnementaux, sociaux, économiques et en termes de santé publique. Investir dans les parcs est intelligent.» Selon M. Benepe, il faut aussi améliorer les parcs pour les moins biens nantis, qui ont plus de difficulté à sortir de la ville et qui peuvent moins facilement profiter des bienfaits du contact avec la nature. «Ils ont besoin d’avoir près d’eux ce qu’apportent les parcs.»

Le ParkScore Index identifie d’ailleurs les endroits où il manque de parcs, en tenant compte du poids démographique des moins de 19 ans et des revenus des ménages.

Comment améliorer rapidement et efficacement l’accès de la population aux parcs urbains? Pour M. Benepe, une des façons de faire peut être de transformer les cours d’école en parcs publics quand elles ne sont pas utilisées (le soir, la fin de semaine, pendant les vacances), en les améliorant. En guise d’exemple, la Ville de New York sous Michael Bloomberg aurait augmenté de cette façon de 50 % l’accès en 10 minutes de marche de sa population aux parcs publics. Utiliser les infrastructures abandonnées (chemins de fer, jetées, anciennes usines, etc.) est aussi une tendance quand on parle de création de parcs urbains.

Voici le top 10 du ParkScore Index, illustré :

1 – Minneapolis

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2- Saint. Paul

3- Washington D.C.

4- Arlington (Virginie)

5- San Francisco

6- Portland

7- Irvine

8- Boston

9- Cincinnati

10- Madison

 

 

 

 

 

 

 

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