Le livre «Brotopia», paru cet hiver, révélait au monde entier le côté sombre et pervers de la Silicon Valley: des orgies sexuelles organisées par les investisseurs et les PDG les plus puissants de la région. Ce n’est cependant pas le seul aspect intéressant du livre. L’auteure revient également sur une étude menée par deux psychologues, dont les résultats ont des conséquences près de 80 ans plus tard. Explications.

L’auteure du livre est Emily Chang, une journaliste américaine, présentatrice chez Bloomberg TV basée à San Francisco. Elle anime Bloomberg Technology, une émission quotidienne axée sur la technologie et le monde des affaires.

Au milieu des années 1960, System Development Corp., une société de logiciels, embauchent deux psychologues. William Cannon et Dallis Perry doivent aider l’entreprise à recruter les meilleurs salariés pour des emplois de programmation. Les psychologues décident de dresser le portrait du parfait programmeur. Pour ce faire, ils étudient les personnalités de 1 378 programmeurs. Parmi ceux-ci, il y a seulement 186 femmes. Ils élaborent, par la suite, une «échelle d’intérêt professionnel» afin de prédire la satisfaction d’un employé et donc sa performance au sein d’une entreprise. Ils concluent que les gens qui aiment résoudre des problèmes, allant des mathématiques à la mécanique, font de bons programmeurs.

Jusque-là, on est d’accord.

C’est après que ça devient «tiré par les cheveux» pour ne pas dire du gros n’importe quoi!

Sur la base des données recueillies lors de cette étude, les psychologues déduisent que les bons programmeurs partagent une même caractéristique: ils sont désintéressés par les gens et préfèrent les objets. Le parfait programmeur est donc un antisocial.

Cependant, Emily Chang explique qu’il y a peu de preuves appuyant l’hypothèse que les personnes antisociales sont plus douées en mathématiques ou en informatique. Car lorsqu’on tire une conclusion dans un sens, il faut vérifier sa véracité dans l’autre sens également, ce que les psychologues n’ont pas fait.

L’auteure raconte qu’a contrario, de nombreuses preuves suggèrent que si vous cherchez à embaucher des personnes antisociales, vous trouverez plus d’hommes que de femmes.

Le parfait programmeur est donc un homme.

Le travail de William Cannon et Dallis Perry a été utilisé par de grandes entreprises pendant des décennies, contribuant à cette domination masculine en technologie.

Cette anecdote des années 1960 me rappelle tristement le mémo que James Damore, un ingénieur de Google, tenait des propos sexistes en 2017. Ce qui veut dire qu’en termes de mentalités, dans la Silicon Valley, on recule plutôt qu’on avance!

 

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