Collaboration spéciale Patti Schmidt

L’année dernière, le festival MUTEK s’est engagé à atteindre la parité de genre en 2020. Finalement, il l’a atteint en 2018.

Pour sa 19e édition, MUTEK décide de mettre en avant les femmes en arts numériques en devenant l’un des membres fondateurs du mouvement Keychange, un projet visant l’autonomisation et le développement des artistes féminines. Cela passe par la parité dans la programmation, mais ils ne l’avaient jamais fait.

Les artistes et les innovatrices participeront à une série de discussions dans le cadre d’un symposium dont l’accès est gratuit.

Rencontre avec Patti Schmidt, co-programmatrice du festival de musique électronique et numérique basé à Montréal. Elle m’explique comment et pourquoi il faut atteindre la parité.

Pourquoi est-ce si difficile d’avoir des évènements paritaires?
Ça prend du temps parce qu’il faut déconstruire sa façon de penser. Il faut trouver de nouveaux endroits où dénicher des femmes qui ne sont pas habituels. Il faut changer ses perceptions, s’éduquer et éduquer autour de soi.

Les humains sont feignants de nature. Il est beaucoup plus facile de sélectionner des personnes qu’on connaît déjà et ceux qui sont en face de nous. On suppose qu’il n’existe qu’un seul réseau, celui que l’on connait, alors qu’il en existe plusieurs autres. On finit par penser que les artistes se trouvent uniquement là.

S’il fallait donner un seul conseil pour faire cesser les évènements non-paritaires, quel serait-il?
Lorsqu’on commence à réaliser l’absence de femmes, on ne peut plus s’empêcher de le remarquer. C’est aussi simple que ça. Ce n’est pas forcément un acte politique, mais il s’agit de reconstruire son cerveau pour qu’il reconnaisse une situation où les femmes sont absentes.

C’est important de préciser qu’il y a plein de femmes talentueuses qui sont présentes. On ne fait pas la charité! On sélectionne des femmes qui sont brillantes. Point!

«Qui décide ce qui est bon ou mauvais? C’est de l’art! C’est subjectif et personnel. La popularité et l’habitude ne doivent pas déterminer la programmation d’un festival.» – Patti Schmidt

Pourquoi MUTEK a-t-il attendu si longtemps pour avoir une programmation paritaire? Est-ce la conséquence de #moiaussi?
Je travaille dans l’industrie de la musique depuis plus de 25 ans. Lorsque j’étais jeune, je pensais que la parité allait de soi. J’ai grandi et je me suis rendue compte de l’existence des biais inconscients et des facteurs externes qui empêchent un groupe de personnes de se rendre là où il veut se rendre.
Je pense que la place des femmes est liée à un changement des mentalités. La société est dorénavant prête, portée par la génération plus jeune.

Pourquoi MUTEK a voulu la parité?
Lorsqu’on est un festival comme MUTEK, on a le devoir de se demander «Quel est notre but avec ce festival?». On ne devient pas artiste pour devenir riche. Si ce n’est pas pour l’argent, alors c’est pour quoi? Nous voulons être un médium de découvertes, de révélations, mais également un mouvement social. Nous voulons participer.

Quel est l’évènement du Symposium à ne surtout pas manquer?
Ce panel sera particulièrement intéressant: «Mises au point: de la méritocratie aux quotas en passant par la biologie et bien plus encore». On va donner des clés et des réponses à celles et ceux qui disent que les quotas ne servent à rien, que les femmes ne sont pas biologiquement faites pour la technologie et la méritocratie, et comment répondre à ce genre de commentaires clichés.

MUTEK Festival – Symposium gratuit
Les 21 et 22 août au Monument-National

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!