Le jeu d’aventure en réalité virtuelle Loading Human s’annonçait des plus prometteurs: le genre de jeu qui aurait pu profiter pleinement des forces de cette technologie. Si celui-ci a certainement quelques charmes, force est d’admettre que ses faiblesses ne lui permettent toutefois pas d’atteindre son plein potentiel, et rendent même l’expérience frustrante à quelques moments.

Le concept parfait pour la réalité virtuelle
Loading Human raconte l’histoire de Prometheus, un astronaute qui doit aider son père, un célèbre chercheur tentant d’atteindre l’immortalité.

L’épisode 1 de Loading Human se déroule entièrement dans une base de recherche en Antarctique. Cette base est un grand terrain de jeu, dans laquelle on peut se promener et interagir avec pratiquement tous les objets que l’on trouve. On y rencontre aussi une poignée d’autres personnages, soit une intelligence artificielle plutôt sympathique, le père de Prometheus et son l’assistante, de laquelle on tombe rapidement amoureux.

L’aventure de Loading Human prend plusieurs formes. L’histoire qu’on nous raconte est entrecoupée de petits puzzles variés, qui sont parfois insérés intelligemment dans le jeu, mais dont la présence parait parfois forcée. On imagine que le développeur Untold Games veut éviter de raconter une histoire trop passivement, ce qui est parfois reproché aux jeux du genre.

Loading Human ressemble aux jeux de type « pointer et cliquer » des années 80 et 90. On se promène à la recherche d’objets qui nous permettent d’avancer dans l’histoire et qui provoquent ensuite une cascade d’événements.

Ces différents volets s’enchaînent quand même bien, et confèrent au jeu une bonne variété. Le fait de se promener dans la base et d’utiliser ses contrôleurs PlayStation Move comme ses mains ajoute aussi à l’immersion. Loading Human nous permet de vivre une histoire, sans pour autant donner l’impression d’être un film, et c’est tout à son honneur.

Une heure à chercher une ampoule et à marcher lentement

Malheureusement, certains passages de Loading Human sont aussi pénibles.

C’est le cas des déplacements en général, qui ne sont pas du tout intuitifs (comptez quelques heures pour vraiment vous y habituer) et qui sont d’une lenteur atroce. On comprend ici que l’équipe de Untold Games a programmé les déplacements de la sorte pour éviter que le joueur soit malade. C’est réussi, puisque Loading Human ne provoque aucun malaise, mais marcher lentement d’un point A à un point B pendant plus d’une minute est loin d’être amusant (surtout que les chargements sont très longs).

Certaines missions sont aussi carrément frustrantes. Dans le dernier tiers du jeu, on passe notre temps à chercher des objets (ampoule, tournevis, cahier, appareil quelconque dont on ignore la forme, etc.) pour telle ou telle raison. Si le but était de reproduire avec réalisme le plaisir qu’on éprouve à chercher ses clés, c’est réussi.

Malheureusement, certains éléments mal racontés viennent aussi un peu gâcher une histoire de science-fiction qui avait tout de même un bon potentiel. On imagine que des contraintes techniques ont parfois eu un rôle à jouer dans ces moments maladroits, mais c’est tout de même dommage. Une scène importante qui survient vers la fin est carrément désastreuse, alors qu’on passe plus d’une heure à préparer un moment, qui ne dure finalement qu’un bref flash de 3 secondes.

Comme c’est souvent le cas avec les jeux en réalité virtuelle, Loading Human est aussi un peu court (de trois à quatre heures environ, une durée qui varie selon votre facilité à trouver les objets cachés et comprendre les puzzles) pour son prix de 50$.

À refaire dans 10 ans

Les faiblesses de Loading Human sont d’autant plus dommages que certains aspects du jeu sont franchement réussis.

Le générique final du jeu est probablement l’un des meilleurs que j’ai vu dans un jeu vidéo, toutes catégories confondues, la musique est excellente (j’ai aussi apprécié le fait qu’il faille placer des disques vinyles sur un gramophone pour la faire jouer) et certains passages m’ont convaincu que les jeux d’aventure basés sur l’histoire ont un excellent avenir en réalité virtuelle (embrasser un personnage avec un casque de réalité virtuelle sur la tête est par exemple drôlement plus réaliste que dans un jeu vidéo traditionnel).

Je vais jouer à la suite de Londing Human lorsqu’elle sera lancée, mais honnêtement, j’aimerais encore plus rejouer à une version différente de l’épisode 1.

Une version qui offrirait la même histoire, mais mieux racontée, avec plus d’envergure, avec des puzzles qui s’intègreraient mieux au jeu, un rythme plus rapide, des contrôles plus intuitifs sans donner de malaises pour autant et des graphiques encore plus réalistes (même si ceux-ci sont déjà très corrects).

Espérons maintenant que l’industrie apprendra des erreurs de Loading Human, et que les futures avancées par rapport à la réalité virtuelle (tant la technologie elle-même que le design de jeux) encourageront Untold Games à revisiter l’histoire de Prometheus dans l’avenir, pour finalement lui permettre d’atteindre son plein potentiel.

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