Une nouvelle loi française rappelle l’importance de se débrancher en dehors des heures de travail.

Lisez-vous vos courriels professionnels le soir et les fins de semaine? Moi, oui. Je n’en suis pas particulièrement fier, mais en 2017, force est de constater qu’il est parfois difficile de faire autrement. Pour atteindre un bon équilibre travail-famille – et éviter de se faire volontairement exploiter –, mieux vaut donc prévoir des moments de déconnexion et bien baliser ces heures de travail sournoises avec son employeur.

Les mœurs changent
Les statistiques sont effarantes. Selon un sondage effectué en octobre pour la firme Adobe chez les cols blancs dotés d’un téléphone intelligent, 79 % des travailleurs européens consultent leurs courriels professionnels le soir et 61 % le font en vacances. Aux États-Unis, les travailleurs sondés envoient en moyenne 19 courriels professionnels chaque fin de semaine.

Sans vouloir démoniser la chose pour autant (profiter d’un temps mort le soir pour alléger sa journée du lendemain n’est pas mal non plus), il apparaît évident que la culture du courriel peut parfois s’avérer néfaste. Un congé de boulot est bon pour le moral, diminue le stress et ultimement les problèmes plus graves comme l’épuisement professionnel et les conflits familiaux.

Certaines entreprises au­dacieuses bloquent d’ailleurs l’accès à leurs serveurs de courriels la nuit pour forcer leur personnel à prendre congé. Une bonne partie des compagnies ne s’attend aussi tout simplement pas à ce que ses employés s’activent après avoir quitté leur lieu de travail.

Au Québec, la loi ne mentionne pas explicitement le droit à la déconnexion. Selon l’article 57 de la Loi sur les normes du travail, un travailleur devra être payé pour ses heures s’il est obligé de répondre à ses courriels le soir, mais pas s’il le fait par souci de professionnalisme.

Nous ne sommes toutefois pas dans un monde idéal. Les gens consultent de plus en plus leurs courriels, et les attentes par rapport aux réponses sont élevées. Toujours selon le sondage d’Adobe, la moitié des travailleurs s’attend d’ailleurs à recevoir une réponse à ses courriels professionnels en moins d’une heure, et le quart des jeunes de 25 à 34 ans compte sur un retour dans les minutes suivant un envoi. Cette tendance ne se résorbera pas d’elle-même et doit être encadrée.

Un nouveau droit dans la loi française
C’est pour cette raison que le gouvernement français a ajouté à son code du travail un «droit à la déconnexion». Cette mesure entrée en vigueur le 1er janvier dernier demande aux entreprises de plus de 50 personnes de clarifier avec leurs employés les moments où ceux-ci doivent prendre un repos de communications numériques, et où personne ne s’attend à une réponse de leur part.

La mesure est surtout symbolique. Aucune sanction n’est prévue contre les compagnies qui ne la respectent pas, et les employés sont de toute façon déjà protégés contre les patrons qui exigent une réponse en dehors des heures de travail. Certains observateurs auraient aimé une réglementation avec plus de mordant, mais elle permet au moins de forcer les travailleurs à se questionner sur un phénomène bien présent dans la société moderne.

De la nécessité de baliser le droit à la déconnexion avec son employeur
Au Québec, la loi ne mentionne pas explicitement le droit à la déconnexion. Selon l’article 57 de la Loi sur les normes du travail, un travailleur devra être payé pour ses heures s’il est obligé de répondre à ses courriels le soir, mais pas s’il le fait par souci de professionnalisme.

Même sans mesure comme celle instaurée en France, les entreprises devraient aborder le sujet avec leurs salariés, et vice-versa. Personne n’est généralement tenu de répondre à une missive envoyée à 22 h (et bien souvent, celui qui l’envoie ne s’attend pas à une réponse immédiate). En discutant au préalable, et encore mieux en l’inscrivant noir sur blanc dans son contrat, l’employé sera toutefois plus à l’aise de reporter cette tâche au lendemain matin.

La culture du travail est parfois pernicieuse. Je suis le premier à lire mes courriels le soir, à écrire des leads dans ma tête sous la douche et à profiter du réveillon de Noël pour tester un nouvel appareil photo.

Alors que des travailleurs doivent faire respecter leur droit à la déconnexion, d’autres devraient s’imposer un devoir de déconnexion. Dans un cas comme dans l’autre, la nouvelle année représente une bonne occasion pour en parler au bureau et pour définir ses limites une fois pour toutes.

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