Maxime Johnson Aucun courriel ne peut être lu sur ce téléphone sans fil.

L’invention d’Alexander Graham Bell a toujours ses charmes. Même en 2017.

«Quoi, t’as encore un téléphone de maison?» Quand les gens apprennent que je possède toujours un téléphone filaire, leur surprise se double d’une certaine perpexité. Pourquoi un journaliste techno qui suit la mobilité de près s’accroche-t-il à cette technologie désuète, que de plus en plus de gens abandonnent au profit des iPhone et des appareils Android? Parce qu’il s’agit d’un meilleur moyen de communication pour discuter, tout simplement.

J’aime parler à plus d’une personne
Les cellulaires ont transformé nos interactions téléphoniques, et pas toujours pour le mieux. Quand on appelle un ami ou un membre de sa famille sur son téléphone personnel, on lui parle, mais on n’a aucun contact avec son partenaire, son colocataire ou ses enfants.

J’aime pourtant ces interactions fortuites. Même si ces échanges sont brefs («Alors, quoi de neuf?»), une relation se construit et s’entretient, ce qui n’est pas le cas avec un appel sur un téléphone cellulaire. Parfois, avec un couple d’amis, on peut aussi vouloir parler autant à l’un qu’à l’autre. Un numéro pour la maison simplifie la chose.

Je ne veux pas déranger
Un téléphone cellulaire peut souvent être intrusif. On risque de déranger son interlocuteur au travail, dans la file à l’épicerie ou en voiture. Et comme plusieurs personnes répondent dès que leur appareil sonne, il en résulte une discussion brève et plus ou moins agréable. Avec le temps, on opte plutôt pour la messagerie texte, et les appels deviennent rarissimes.

C’est différent lorsqu’on appelle à la maison. Notre interlocuteur peut bien sûr être occupé, mais on est en général plus disposés à s’asseoir et à prendre le temps de converser.

Les enfants ont aussi une vie sociale
Les parents ayant des jeunes qui n’ont pas encore l’âge de posséder leur propre téléphone cellulaire le savent: abandonner le téléphone de maison peut devenir un véritable cauchemar pour les enfants. À 10 ans, on a des amis, et on peut vouloir leur parler. Passer constamment par le père ou la mère est un fardeau, tant pour les jeunes que pour leurs parents.

Je suis d’ailleurs convaincu que de plus en plus de familles offrent à leurs adolescents un forfait téléphonique plus tôt que ce qu’elles avaient prévu, justement pour mettre fin à cette situation.

Un téléphone de maison peut être abordable
Alors que 96,2% des Canadiens possédaient un téléphone filaire en 2004, ils ne sont plus aujourd’hui que 75,5% dans cette situation, selon le Rapport de surveillance des communications 2016 du CRTC. La chose s’explique facilement. À 33,33$ par mois en moyenne pour une connexion fixe (et même plus de 50$ chez certains opérateurs), un téléphone de maison peut rapidement coûter beaucoup trop cher.

Il est toutefois aussi possible de s’en tirer avec une facture mensuelle minimale. Des services de téléphonie IP offrent des forfaits pour 10$ par mois et une ligne fixe peut être ajoutée à une offre groupée avec l’internet et la télé pour presque rien, si on sait négocier. D’autres services sont carrément gratuits une fois qu’un récepteur a été acheté (un montant unique de 130 $ dans le cas de Ooma, par exemple), ou du moins très abordables (un forfait MagicJack ne coûte qu’environ 140 $ pour 5 ans).

Il peut y avoir des avantages technologiques
Dans certains cas bien précis, une ligne fixe peut aussi avoir quelques avantages technologiques. Un service filaire offre souvent une meilleure qualité audio qu’un téléphone cellulaire. Un combiné traditionnel est ergonomique et confortable au cours d’une longue conversation. Le téléphone ne risque pas non plus de tomber à plat avant la fin de la journée et les gens efficaces (et un peu impolis) peuvent continuer à utiliser leur téléphone intelligent tout en discutant.

Ces avantages sont évidemment mineurs. Je ne me fais d’ailleurs pas d’illusions : la popularité du téléphone filaire dégringole d’année en année, et rien n’indique que cette chute soit sur le point de s’arrêter. Des irréductibles pour qui le téléphone est un peu le cœur d’une maison refuseront toutefois toujours de céder. J’en ferai certainement partie.

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