Jeux vidéo, films, séries télé, romans, bandes dessinées, baladodiffusions: les histoires qui seront imaginées par le nouveau studio multiplateforme Reflector Entertainment seront racontées de toutes les façons imaginables. Est-ce que le premier joueur mondial majeur du transmédia sera une compagnie montréalaise? C’est ce que croient ses cofondateurs Guy Laliberté (Cirque du Soleil) et Alexandre Amancio (Assassin’s Creed).

Voilà plusieurs années que le transmédia, une forme narrative qui consiste à raconter une histoire sur plusieurs plateformes à la fois, gagne en popularité. Chez Reflector, on parle plutôt de divertissement multiplateforme, mais le concept est le même.

Jusqu’ici, le transmédia a surtout été développé après coup pour accompagner des franchises d’envergure (Heroes, Star Wars), ou encore d’une façon native, pour des projets à plus petite échelle. Reflector se situe entre ces deux extrêmes: des projets véritablement transmédias, mais réalisés avec les moyens d’une entreprise qui souhaite avoir un impact mondial.

« On part d’une bonne idée pour une nouvelle franchise, puis on assigne un expert pour chaque plateforme. Chacune est complémentaire, et permet aux amateurs de consommer l’histoire par le point d’entrée qui leur convient », explique le PDG de Reflector Entertainment Alexandre Amancio, rencontré en marge de la conférence C2 Montréal.

Un univers futuriste créé par Reflector pourrait ainsi avoir son propre jeu vidéo de tir subjectif, une série télé policière avec des enquêteurs du futur, un roman politique écrit par un auteur de renom et une baladodiffusion située dans le passé et racontant la genèse de ce monde.

« Tout se passe dans le même univers, mais on ne suit pas forcément les mêmes personnages, et il n’y a aucune plateforme centrale. Chaque média doit être indépendant et assez fort pour avoir l’air du média fondateur », précise le PDG.

Premiers gros projets vers la fin 2018
Reflector Entertainment est présentement en plein recrutement, et compte embaucher prochainement 150 personnes à Montréal, principalement pour bâtir deux équipes de jeux vidéo.

L’entreprise a déjà annoncé le nom de sa première franchise, Hell Fighters, mais son premier gros lancement devra attendre la fin 2018. « Nous allons avoir de plus petites sorties d’ici là par contre, afin de bâtir une communauté », note Alexandre Amancio.

Le PDG a de grandes ambitions pour le studio qu’il a cofondé avec Guy Laliberté. « Nous voulons permettre aux créateurs de Montréal d’atteindre une audience mondiale, mais aussi d’attirer des talents extérieurs », explique-t-il, associant au passage Montréal à une future capitale du transmédia, de la même façon qu’Hollywood s’est élevée à une autre époque au rang de capitale du cinéma.

Les défis qui attendent Reflector sont évidemment nombreux. En plus de devoir imposer son rythme et ses façons de faire à des industries bien établies (l’entreprise ne produira pas ses propres films, mais le fera avec des partenaires, par exemple), elle devra aussi expliquer son concept au grand public, qui pourrait bien se demander quelle est la véritable histoire principale d’une nouvelle franchise.

L’explosion des univers de Star Wars et de Marvel au cours des dernières années pourrait heureusement avoir préparé le terrain pour Alexandre Amancio, qui n’aurait probablement pas pu proposer son concept il y a cinq ans seulement.

En affaires, une bonne idée ne suffit pas. Il faut aussi arriver au bon moment. Heureusement pour Reflector, il semble que ce soit le cas pour le transmédia présentement.

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