En annonçant l’ouverture de sa plateforme à tous les développeurs et en lançant une enceinte connectée dotée autant d’Alexa d’Amazon que de l’Assistant Google, Sonos amorce une transformation importante, où les haut-parleurs du fabricant ne servent plus qu’à écouter de la musique, mais se retrouveront au coeur des maisons connectées. Aperçu des principales nouveautés annoncées par l’entreprise aujourd’hui.

Sonos One : une enceinte, deux assistants

Sonos a dévoilé aujourd’hui une nouvelle enceinte, la Sonos One, un appareil qui offre la même qualité sonore que le Sonos Play:1 actuel, et avec un design pratiquement similaire (mais pas complètement).

La plus grande nouveauté matérielle du Sonos One est la présence de six microphones, qui pourront être utilisés pour contrôler l’appareil avec sa voix. Au lancement, Sonos One intègrera l’assistant Alexa d’Amazon directement, et l’Assistant Google devrait ensuite être ajouté en 2018.

Il sera ainsi possible de dire « OK Google, joue du Kevin Parent » ou « Alexa, joue du Kevin Parent » pour entendre de la musique sur l’appareil directement, ou encore préciser l’endroit où l’on souhaite entendre la musique (« OK Google, joue du Kevin Parent dans le salon »).

Sonos One intègrera complètement les assistants d’Amazon et de Google, il sera ainsi aussi possible de contrôler les objets connectés de sa maison (ampoules, etc.), de demander la météo à haute-voix, de se faire lire les nouvelles ou d’en savoir plus sur son prochain rendez-vous, par exemple.

Notons que Sonos a bâti son système pour pouvoir y ajouter plusieurs assistants du genre. « Nous parlons déjà à tous les principaux joueurs, et notre but est d’être une plateforme agnostique, compatible avec tous les assistants », explique Ryan Taylor, responsable des partenariats chez Sonos. Est-ce que l’assistant Cortana de Microsoft pourrait un jour être ajouté au Sonos One? Pourquoi pas.

Tout comme avec le Play:1, il sera possible d’utiliser le Sonos One dans une configuration 5.1 pour sa télé avec un SUB et une PlayBar ou PlayBase, ou encore de combiner deux haut-parleurs pour obtenir un son stéréo. Malheureusement, il ne sera pas possible de combiner un Play :1 à un Sonos One, ce qui aurait probablement été apprécié de ceux qui possèdent déjà l’enceinte d’entrée de gamme de l’entreprise.

Le Sonos One sera offert au Canada le 24 octobre pour 249$. Alexa y sera toutefois accessible uniquement lorsque l’assistant sera lancé au Canada par Amazon, à une date encore indéterminée.

Alexa pour contrôler ses Sonos

Le Sonos One n’est pas le seul appareil qui pourra interagir avec Alexa. Ceux qui possèdent un Echo Dot ou un Echo (les haut-parleurs connectés d’Amazon) pourront utiliser leur voix pour contrôler toutes les enceintes jamais lancées par l’entreprise. La fonctionnalité offerte est offerte dès aujourd’hui en version bêta, mais uniquement aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.

L’assistant ne parlera toutefois pas par les haut-parleurs Sonos, mais uniquement par le haut-parleur connecté où il se trouve.

Alexa est le seul assistant personnel qui pourra contrôler Sonos pour l’instant, mais on peut présumer ici aussi que d’autres devraient éventuellement être compatibles, tout particulièrement l’Assistant Google.

AirPlay 2 et une plateforme ouverte pour Sonos

Sonos a aussi annoncé l’arrivée l’année prochaine de sa plateforme ouverte pour développeurs.

D’abord réservée à quelques entreprises triées sur le volet, tout le monde pourra prochainement développer des applications et des appareils compatibles avec les enceintes de l’entreprise. À quoi pourrait ressembler cette intégration? Un fabricant de sonnettes connectées pourrait par exemple faire jouer la sonnerie (ou une chanson) dans tous les haut-parleurs Sonos de la maison lorsque quelqu’un est à la porte.

Alors que Sonos devait jusqu’ici développer toute les facettes de son écosystème, cette ouverture risque de rapidement rendre ses enceintes encore plus polyvalentes. « Je suis par exemple convaincu qu’un développeur va lancer une application pour contrôler Sonos avec sa montre intelligente », illustre Antoine Leblond, vice-président responsable de tous les aspects logiciels de Sonos.

Un fabricant d’instruments de musique pourrait quant à lui créer un appareil pour relier une guitare électrique à une enceinte Play:5, et un fabricant d’ampoules connectées pourrait ajouter de la musique à ses ambiances lumineuses.

L’ouverture de Sonos passe aussi par l’annonce de la compatibilité prochaine de ses enceintes avec le protocole AirPlay 2 d’Apple, qui va permettre de faire jouer le contenu audio d’un appareil Mac ou iOS sur ses haut-parleurs Sonos directement.

Cet ajout sera ainsi pratique pour écouter des vidéos YouTube sur son Sonos, ce qui n’est pas possible pour l’instant, mais aussi pour contrôler ses haut-parleurs grâce à l’assistant personnel Siri. La liste des enceintes compatibles avec AirPlay 2 n’a pas encore été dévoilée, mais devrait inclure la grande majorité des appareils de l’entreprise.

Détail intéressant pour les utilisateurs d’Android, l’ajout éventuel du protocole Chromecast de Google aux enceintes de Sonos n’est pas exclu pour l’instant.

Une nouvelle concurrence
Alors que Sonos a jusqu’ici bien tiré son épingle du jeu contre les fabricants de haut-parleurs traditionnels, l’entreprise s’apprête maintenant à affronter des joueurs beaucoup plus dangereux.

Apple et Google, des entreprises avec des moyens considérablement plus grands que Sonos, devraient en effet lancer prochainement des haut-parleurs connectés puissants et axés sur la musique, les HomePod et Google Home Max.

L’arrivée de ces géants sur son territoire n’effraie pas trop Mike Groeninger, le vice-président responsable des finances de Sonos. « Nous offrons des haut-parleurs pour toute la maison, et non seulement quelques produits, explique-t-il. Ce n’est pas non plus un petit projet secondaire pour nous : la musique n’est pas qu’une partie de notre modèle d’affaires, c’est toute notre entreprise ».

Détail à considérer, Sonos affiche jusqu’ici une feuille de route exemplaire par rapport aux mises à jour et aux améliorations apportées à ses produits plusieurs années après leur lancement, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs dans l’industrie. Pour l’achat d’un haut-parleur connecté à plus long terme, un système Sonos est donc probablement un investissement plus sûr pour l’instant.

Encore faut-il le savoir, évidemment. La lutte pourrait ainsi se jouer en grande partie non pas sur la qualité sonore des appareils, leur potentiel pour toute la maison ou leur intégration avec les maisons connectées, mais sur la visibilité de la marque qui les fabrique. Un atout de taille pour Apple et Google, qui est encore plus important dans un marché où la vente d’un premier haut-parleur connecté permet souvent de s’assurer de la fidélité d’un client pour plusieurs années par la suite, à mesure qu’il voudra ajouter des haut-parleurs dans les autres pièces de sa maison.

Bref, la lutte qui s’annonce au cours des prochains mois pourrait être d’une importance cruciale pour Sonos, non seulement pour les ventes de son Sonos One à court terme, mais aussi pour l’adoption de son écosystème par de nouveaux clients à long terme.

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