Ted Kristonis / Collaboration spéciale Le mode SuperCruise offert en option sur la Cadillac CT6 2018 permet de conduire sur l’autoroute sans tenir le volant.

La fonctionnalité SuperCruise de Cadillac nous rapproche un peu de la conduite autonome. Il sera bientôt possible de mesurer son degré de confiance à l’égard des nouvelles technologies avec l’arrivée de SuperCruise, une fonctionnalité de la Cadillac CT6 2018 permettant de suivre la circulation et de demeurer dans les lignes de sa voie sur une autoroute sans intervenir et sans devoir toucher le volant. Aperçu en trois étapes d’une nouveauté emballante, à utiliser avec beaucoup de
précautions.

Début octobre, je roule aux États-Unis entre Memphis et Dallas. Pour activer le mode SuperCruise, trois conditions doivent être réunies : rouler sur une autoroute nord-américaine (c’est fait), où les lignes sont visibles (c’est le cas) et se tenir en plein centre de la voie depuis un certain temps (j’y parviens). Un voyant s’affiche sur le tableau de bord pour m’avertir que c’est le moment. J’appuie sur un bouton. Je retiens mon souffle et je lâche le volant.

Première étape: l’incrédulité
Les premiers instants où on se laisse conduire sur une autoroute sont stressants. J’enlève mes mains lorsque la grande lumière verte sur le volant m’indique qu’il est temps de le faire, mais je les garde à quelques millimètres, pour être prêt à reprendre le contrôle du bolide en une seconde.

Est-ce que le système fonctionne vraiment? Est-ce que les caméras, radars et cartes LiDAR et GPS qui équipent le véhicule sont suffisants pour assurer ma sécurité? Voilà les questions que je me pose dès qu’un virage serré se présente ou que la circulation se densifie.

Cadillac n’est pas le premier constructeur automobile à offrir un mode du genre. Tesla le fait aussi avec sa fonctionnalité Autopilot, par exemple. À la différence des autres, qui exigent de toucher le volant pour se faire conduire, SuperCruise s’assure plutôt que le conducteur demeure attentif à la route avec une caméra placée au-dessus du klaxon. Si on regarde par la fenêtre ou son téléphone, la lumière verte clignote, puis finalement passe au rouge. À ce moment, le véhicule nous redonne le contrôle, qu’on le veuille ou non. La différence entre les deux systèmes semble subtile, mais ne pas tenir le volant rend la conduite plus confortable et nous invite à un certain laisser-aller.

Deuxième étape: l’exaltation
Difficile de dire à quel moment le changement s’opère, mais après une vingtaine de minutes environ, mon corps se détend finalement. Mon dos s’enfonce bien profondément dans le siège, et mes mains s’éloignent. Mon corps n’est plus placé comme s’il conduisait sur une autoroute à 120 km/h (la vitesse maximale au Texas), mais plutôt comme si j’étais au cinéma, bien blotti dans un fauteuil.

Je jase avec mon copilote comme si de rien n’était. Une partie de mon cerveau reste attentive à la route, mais une autre est complètement déconnectée, au point où j’en viens pratiquement à oublier que je suis le conducteur et non un simple passager.

La sensation est incroyable, et à ce moment, un constat s’impose: je ne veux pas une voiture autonome dans 10 ans. J’en veux une maintenant.

Troisième étape: le retour sur terre
L’exaltation demeure présente même après plusieurs centaines de kilomètres à bord de la Cadillac CT6. Avec le temps, les limitations du système nous rappellent toutefois qu’il s’agit plus d’un véhicule doté d’un régulateur de vitesse avancé que d’une véritable automobile autonome.

SuperCruise ne permet pas, par exemple, de changer de voie automatiquement, il faut donc être assez souvent actif. Le mode s’arrête aussi tout seul de temps à autre, comme lorsque des travaux majeurs empêchent le véhicule de se retrouver sur ses cartes routières. Et, plus problématique, si SuperCruise suit efficacement les véhicules devant nous, il ne peut pas détecter les objets sur l’asphalte, ni voir qu’une voiture s’apprête à nous couper. Bref, notre corps a tendance à se relaxer, et notre esprit, à divaguer, mais il est primordial que notre attention demeure sur la route à 100%, surtout que le mode fonctionne jusqu’à 137 km/h. Cela représente probablement le plus grand danger du système.

Espérons que les conducteurs le réaliseront. Contrairement à ce que plusieurs imaginent, les véhicules autonomes n’arriveront pas sur les routes du jour au lendemain. La transition se fera plutôt graduellement. Que la société soit prête ou non, SuperCruise démontre que cette révolution est bel et bien amorcée.

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