Kratos de la série God of War est à bien des égards l’un des héros les plus difficiles à apprécier dans l’univers du jeu vidéo : un tueur sanguinaire, constamment enragé, qui hurle vers le ciel et détruit tout sur son passage. Il a la subtilité d’un deux par quatre et le charisme d’un bœuf. Même si le demi-dieu qui est venu à bout d’à peu près tous les personnages de la mythologie grecque est désormais plus sage, notamment grâce à l’arrivée de son fils Atreus, celui-ci est toujours aussi puissant et plus agréable que jamais à contrôler, dans le nouveau God of War (2018), qui sera lancé le mois prochain sur PS4.

J’ai eu l’occasion de jouer aux premières heures de God of War récemment. Le dernier opus transforme considérablement la célèbre franchise de Sony, mais reste tout de même fidèle à sa vision originale.

Parmi les principaux changements, notons que le jeu se transporte de la Grèce à la Scandinavie, où les dieux de l’Olympe sont remplacés par ceux de la mythologie nordique. Les mécaniques de combat ont aussi complètement été revues. Kratos a perdu ses célèbres lames, mais il est désormais équipé d’une hache puissante, qu’il peut lancer ou utiliser pour le combat rapproché.

Kratos est aussi accompagné par son jeune fils, à qui il doit transmettre son savoir. La dynamique entre les deux personnages ressemble un peu à celle entre Joel et Ellie dans The Last of Us : leur relation se développe pendant les dialogues qui surviennent tout au long de l’histoire, parfois pendant l’action, et les combats sont affectés par la présence de l’autre. Dans le nouveau God of War, il est notamment possible de commander à Atreus de tirer des flèches sur les ennemis.

Le jeu conserve aussi l’ADN de ses prédécesseurs. Même s’il est plus sage, Kratos garde sa hargne, et les combats sont toujours aussi cinématiques et violents qu’auparavant. Le jeu est exceptionnel visuellement, comme l’étaient les premiers God of War pour leur époque.

J’ai essayé le jeu sur une PS4 Pro, avec un écran OLED, et je peux d’ailleurs affirmer sans aucun doute qu’il s’agit du plus joli jeu vidéo auquel j’ai joué sur une console, toutes catégories confondues. La direction artistique est assez classique, mais les graphismes sont d’un réalisme inégalé.

Action, puzzles, jeu de rôle et aventure

Le nouveau God of War est un jeu uniquement en solo (la compagnie devrait durer environ 25 heures en tout), qui rassemble tous les principaux éléments du genre.

Ce n’est pas vraiment un monde ouvert comme l’était Horizon Zero Dawn l’année dernière, mais sa conception en donne un peu l’impression. Les endroits que l’on visite sont truffés de puzzles, les lieux sont grands et peuvent être explorés pour découvrir des objets à collectionner ou de nouvelles armes et on rencontre différents personnages non-jouables avec lesquels il est possible d’interagir. Bref, God of War offre l’impression d’un monde ouvert, mais avec la qualité d’une aventure contrôlée.

God of War a également une composante jeu de rôle, puisqu’il est possible de gagner des habiletés, de transformer ses armes et ses armures, d’acheter de l’équipement et plus. Vous n’influencerez pas l’histoire de Kratos de cette façon, mais vous personnaliserez son style de combat à votre goût et le rendrez plus puissant pour affronter les ennemis de plus en plus forts et nombreux à mesure que le jeu avance.

Côté histoire, sans rien révéler d’important, notons simplement que Kratos part dans une quête qui s’apparente à un long voyage avec son fils. Atreus apprend à se battre, et Kratos apprend (tant bien que mal) à être père. Il faudra toutefois attendre la sortie finale du jeu pour se faire une meilleure idée de la qualité de cette histoire.

Des contrôles efficaces

Si l’intérêt de l’histoire est encore en suspens, la qualité des combats, elle, est évidente. On attaque avec R1 et R2, se défend avec L1 et vise avec L2. Lancer sa hache est un véritable plaisir, puisque celle-ci peut non seulement toucher plusieurs ennemis d’un coup, mais elle les frappe ensuite par en arrière lorsqu’elle revient magiquement.

Le retour de la hache n’est pas automatique comme avec un boomerang, mais se fait en appuyant sur un bouton. Il est donc possible de planifier ce retour en se positionnant stratégiquement. Les ennemis ne peuvent alors pas bloquer ou éviter la hache, et peuvent être déconcentrés dans leurs mouvements.

Dans les premières heures du jeu, on affronte surtout des hordes de créateurs surnaturelles, mais aussi quelques ennemis majeurs, qui nécessitent du doigté et de la stratégie pour en venir à bout. Je suis d’ailleurs mort à quelques reprises dans un duel particulièrement long.

Le combat s’annonce comme l’une des grandes forces de God of War. Le placement de la caméra tout près de Kratos et la qualité des graphiques donnent l’impression de voir un film, et la variété de coups et de stratégies possibles en font un jeu facile à jouer, mais difficile à maîtriser. C’est le genre de profondeur que l’on recherche dans un titre du genre.

Faut-il avoir joué aux autres God of War?
Le premier God of War est sorti en 2005, beaucoup de joueurs incarneront donc Kratos pour la première fois avec cette nouvelle mouture. Ceux-ci n’ont pas à s’en faire : le jeu ne fait pas directement référence aux épisodes précédents (du moins pas pendant ses premières heures), et les nouveaux mécanismes font que les jeunes joueurs partent sur un pied d’égalité avec les vétérans.

God of War sera lancé le 20 avril prochain.

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