Le candidat à la mairie de Montréal Denis Coderre a dévoilé hier certains volets de sa campagne numérique, qui s’inspire notamment des dernières campagnes de Barack Obama, mais aussi de technologies web avancées, utilisées par des géants comme Adidas et Facebook.

YouTube, Facebook, Twitter : Denis Coderre sera sur presque toutes les plateformes sociales pendant la campagne électorale qui s’en vient. Assez, même, pour remplacer une bonne partie des pancartes qui polluent la ville à toutes les élections.

«On est passé à autre chose», croit l’ancien ministre libéral, qui estime de toute façon que sa «campagne virtuelle» lui apportera suffisamment de notoriété.

Une campagne du genre est également bien moins couteuse qu’une campagne traditionnelle. Le candidat limite d’ailleurs à 100$ les dons qu’il est possible de faire via son site Web ou lors d’évènements de financement.

Les outils numériques utilisés par Denis Coderre pourraient même permettre d’ouvrir moins de bureaux d’arrondissement pendant la campagne, et de partager rapidement les informations à l’équipe du candidat et à ses bénévoles, une stratégie directement inspirée de celle employée par Barack Obama lors de sa dernière campagne électorale.

La campagne numérique de Denis Coderre n’éclipsera toutefois pas complètement sa campagne de terrain. Après tout, ce n’est pas parce qu’il twitte de la main gauche qu’il ne peut serrer la vôtre avec sa main droite!

Denis Coderre et la théorie des graphes
La pierre angulaire de la campagne numérique de Denis Coderre sera toutefois equipedeniscoderre.com, un site Web bien plus avancé qu’il n’en donne l’impression et qui se base notamment sur des théories mathématiques élaborées au 18e siècle!

«Le site utilise une architecture que nous avons développé pour Adidas», explique Andréa Doyon, Chief Innovation Officer chez Équation Humaine, l’agence Web qui a réalisé le site.

La base de données au cœur du site est un «graph engine», une base de données orientée graphe, qui créé des liens entre les utilisateurs, les pages qu’ils consultent, leur activité en ligne, l’actualité, les évènements importants sur Twitter, etc.

Avec le temps, la base de données apprend d’elle-même, et le site Web affiche des informations différentes selon chaque personne, mais aussi selon ce qui se passe sur Twitter et sur Facebook, par exemple.

«On ne veut pas s’adresser de la même façon à quelqu’un qui nous suit depuis des mois qu’à quelqu’un qui vient nous voir pour la première fois», explique André Doyon.

L’architecture du site devrait donc permettre d’avoir des discussions profondes avec les bénévoles et les gens intéressés par la politique qui reviennent souvent, sans pour autant perdre ceux qui consultent le site une seule fois.

Du moins, en théorie.

Car en pratique, ce genre de base de données peut demander beaucoup de temps, plusieurs visites et toute une panoplie d’informations avant d’être réellement efficace. Il n’est donc pas dit qu’un site de campagne – qui attire moins de visiteurs que le site mondial d’Adidas ou que Facebook, et qui est par définition limité dans le temps – pourra «apprendre» suffisamment pour avoir un réel impact.

Il est toutefois intéressant qu’une stratégie du genre soit tentée, et j’espère qu’un suivi sera effectué (et surtout partagé!) pour en mesurer l’efficacité.

Mais dans tous les cas, si la ville peut s’éviter quelques centaines de pancartes, ce sera déjà ça de gagné.

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