AFP

Depuis sa renaissance en 2001, la petite citadine anglaise Mini suscite un engouement tel qu’elle se retrouve à l’étroit dans son usine d’Oxford, illustrant la vigueur de l’industrie automobile britannique.

C’est sur ce site du sud de l’Angleterre que bat le coeur du bolide à taille réduite créé en 1959 par la British Motor Corporation (BMC) et auquel son propriétaire actuel, le constructeur allemand BMW, a donné un second souffle il y a treize ans.

Le groupe munichois l’a choisi pour célébrer mardi en grande pompe la production du trois millionième exemplaire de la Mini reliftée, un modèle Hatch cinq portes commercialisé à partir d’octobre.

Ce chiffre témoigne du succès incontestable de la marque relancée par BMW, alors que la Mini originale avait été fabriquée à 5,4 millions d’unités en une quarantaine d’années.

« La Mini est une icône britannique et un élément essentiel de la prospère industrie automobile » du pays, a salué la ministre britannique des Transports, Susan Kramer, lors de la cérémonie.

Conçue à l’origine pour être une voiture économique, quelques années après la crise du canal de Suez et le rationnement du pétrole, la Mini est vite devenue un emblème outre-Manche, séduisant par son gabarit atypique, sa maniabilité et ses performances remarquées lors des rallyes.

Un passé glorieux dont la marque a su se dégager pour se tourner vers l’avenir. Tombée dans l’escarcelle de BMW en 1994 lors de l’acquisition du groupe Rover, elle échappe à la revente en 2000. Le constructeur bavarois joue alors son va-tout et repense totalement la quatre-places, qui gagne en longueur comme en glamour.

Mais avec son aspect rétro et sa finition haut de gamme, la nouvelle Mini a su trouver son public, notamment auprès des femmes et des citadins.

Si bien qu’en 2013, 305.000 voitures ont été écoulées en plusieurs variantes, du coupé au cabriolet en passant par le crossover.

-Voiture populaire devenue premium-

« BMW est parvenu à conserver tous les bons côtés de la Mini d’origine, à savoir son allure mignonne et sa conduite, tout en amenant plus de sécurité et de qualité », explique Ian Fletcher, analyste du cabinet IHS Automotive interrogé par l’AFP. La nouvelle Mini est « beaucoup plus confortable et beaucoup plus attractive pour davantage de gens », ce qui lui a amené de nouveaux débouchés.

Elle est aujourd’hui vendue dans quelque 110 pays: les Etats-Unis constituent son premier marché, devant le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine et la France.

« La nouvelle Mini a réussi à trouver des clients pour un segment qui n’existait pas encore: les petites citadines premium », souligne Ferdinand Dudenhöffer, expert automobile allemand.

Si le constructeur munichois ne dévoile pas de chiffres financiers, il admet que Mini est rentable.

De l’usine d’Oxford, modernisée à coups d’investissements venus d’Allemagne, sort chaque jour un millier de voitures, trois fois plus qu’en 2001. Le nombre d’employés est passé dans l’intervalle de 2.400 à 4.000 et d’ici un ou deux ans, le site devrait atteindre sa capacité maximale avec 260.000 unités produites chaque année.

Mini fait également produire certains modèles à Graz, en Autriche, et depuis juillet à Born, aux Pays-Bas, une usine qui devrait à terme prendre le relais du site autrichien pour seconder la production britannique.

« Mini est une très bonne illustration de la bonne santé de l’industrie automobile au Royaume-Uni, aujourd’hui très différente de ce qu’elle était dix ans plus tôt », estime Ian Fletcher, d’IHS.

Si toutes les grandes marques britanniques (Mini, Jaguar, Land Rover, Bentley, Rolls-Royce) sont désormais sous pavillon étranger, la production automobile dans le pays a dépassé l’an dernier la barre des 1,5 million de véhicules, un plus haut depuis 2007.

Les constructeurs japonais sont présents en force, avec notamment Nissan dont les voitures ont représenté le tiers du total assemblé au Royaume-Uni, Toyota et Honda étant actifs eux-aussi.

Selon l’Association britannique des constructeurs et des vendeurs d’automobiles, le Royaume-Uni pourrait dépasser l’Espagne et la France et prendre le deuxième rang des constructeurs européens derrière l’Allemagne d’ici 2017 – un objectif qui paraît toutefois très ambitieux aux spécialistes.

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