Des bières 100 % biologiques pour concurrencer les bières importées, c’est le pari de la brasserie New Deal, qui vient d’ouvrir ses portes à Boucherville.

«Les grands brasseurs perdent 1 % de parts de marché par an partout dans le monde. Ce sont les micros qui le gagnent, mais au Québec, ce sont plutôt les bières importées», estime le président de New Deal, Daleyne Guay. «Nous, on veut les amener vers un produit local.»

Souci de l’environnement, engagement communautaire et social : rien n’est laissé au hasard ici pour créer une marque forte. Et le tout commence par un produit certifié biologique. «On a vraiment poussé le volet biologique. Au Québec, la certification autorise jusqu’à 5 % de non-biologique. Nous, on s’est dit : tant qu’à faire, ça va être 100 % bio», souligne le président, ajoutant que les ingrédients coûtent 35 % plus cher et qu’il a donc sciemment réduit sa marge de profit.

En plus des certifications bio du Canada, de l’Europe et des États-Unis, New Deal est aussi en attente de la certification B Corp, qui comprend des critères portant sur l’environnement, l’engagement communautaire et social ainsi que le bien-être des employés. «On est fiers de faire partie de ce groupe-là, s’enthousiasme M. Guay. Au monde, il n’y a que sept brasseries qui ont reçu cette certification. Au Canada, il n’y a que Beau’s.»

Les bières Boldwin sont donc à la fois sans additifs et vertes. Elles sont offertes en canettes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre; l’eau réchauffée lors de l’opération de refroidissement du moût est réutilisée pour l’infusion des grains et les drêches (les grains filtrés après infusion) sont utilisées pour nourrir du bétail bio ou pour faire du compost. «On est en train de travailler sur des produits alimentaires qui seront vendus en épicerie et qui ne seront pas de la bière», ajoute Daleyne Guay.

La brasserie souhaite aussi s’approvisionner autant que possible au Québec. Toutefois, ce n’est pas chose aisée. «La seule orge bio produite au Québec en assez grande quantité est le malt pâle [qui constitue la base des bières], précise M. Guay. On travaille avec des malteries pour élaborer d’autres types d’orge bio au Québec. Ce qu’on ne trouve pas, on l’achète dans l’Ouest canadien.»

Pour le houblon, c’est encore plus complexe de s’approvisionner localement. «On a acheté presque tout ce qui se fait de houblon bio au Québec et on en a pour six semaines de production, se désole l’entrepreneur. Plus il y en aura, plus on en achètera.»

New Deal s’aidera donc elle-même en finançant des entreprises d’ici. «On a un fonds d’investissement pour aider des entreprises, explique M. Guay, qui en est lui-même à sa septième entreprise. Ceux qui font de l’orge non biologique et qui veulent passer au biologique, on peut les soutenir.» Cet engagement social pourrait aussi permettre d’aider des entreprises qui conçoivent «des technologies pour nous aider à brasser ou pour réduire notre consommation en énergie et en eau».

«On a décidé de ne pas automatiser l’empaquetage parce qu’on engage des gens avec des déficits ou des handicaps légers. C’est notre façon à nous de nous impliquer dans la communauté», précise le président.

Ouverte depuis le 22 septembre, New Deal propose une pale ale américaine, une bitter extra spéciale et une IPA qui sont maintenant distribuées dans des dépanneurs spécialisés et, à partir de la mi-octobre, dans des centaines de points de vente au Québec, dont les supermarchés IGA et Metro.

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