Émilien Falcimaigne/collaboration spéciale Les copropriétaires de la microbrasserie Le Caveau, Diego Marasco et Nicolas Falcimaigne

Le marché de la bière de microbrasserie se porte bien au Québec, et de nombreux brasseurs maison sont tentés de faire le saut en affaires. C’est ce que vit actuellement Le Caveau des Trois-Pistoles, qui brassera ses premières bières «commerciales» à la fin du mois de mars.

«On est à un niveau de maturité dans ce secteur au Québec qui fait que l’environnement est favorable au démarrage d’une entreprise, assure un des copropriétaires de la microbrasserie Le Caveau des Trois-Pistoles, Nicolas Falcimaigne. On a un consultant, Michel Gauthier, qui nous conseille sur presque tout; c’était pratiquement clés en main. Mais ça n’enlève pas que tu as cent choses à gérer en même temps.»

L’ajustement le plus important que doit faire un brasseur maison qui se lance dans la production commerciale se fait par rapport dans l’équipement brassicole. «On ne peut pas manipuler les cuves à la main, tous les processus sont effectués d’une autre façon», indique M. Falcimaigne.

Lui et ses deux collègues brasseurs, Diego Marasco et Jean Deschênes, se sont équipés d’une petite cuve électrique, il y a un an, afin de faire des tests de recettes et d’entamer la transition. «Le défi est d’obtenir le même résultat que ce qu’on a préparé, mais dans des grandes cuves», souligne le brasseur, qui assure que l’équipement professionnel est «très reposant» par rapport à la méthode maison.

Même s’ils avaient chacun plusieurs années d’expérience en brassage, les trois partenaires ont décidé de repartir à zéro pour les recettes, explique M. Falcimaigne. «Il y a la question de l’intégration dans le paysage des microbrasseries au Québec, dit-il. Il n’y en a pas beaucoup qui font le style abbaye, alors c’est un des créneaux qu’on souhaite développer.» Ce style belge hérité des moines utilise des levures à fermentation haute et est connu pour ses appellations double, triple et quadruple, qui impliquent l’utilisation de trois ou quatre fois plus de grains pour brasser la bière, ce qui lui donne beaucoup plus d’alcool.

«Quand tu brasses à la maison, c’est pour toi-même et tes amis, mais en entreprise, on développe une gamme pour offrir à la communauté. Ça change en termes de quantité, mais il faut aussi qu’il y ait un gain de diversité.» – Nicolas Falcimaigne, copropriétaire et brasseur du Caveau des Trois-Pistoles

M. Falcimaigne, qui n’en est pas à sa première entreprise, croit qu’il y a encore beaucoup de place pour de nouvelles microbrasseries au Québec. «Dans l’Oregon, les micros ont 15 % de parts de marché; au Québec, on est à 7 ou 8 %, et ça, c’est une moyenne, illustre-t-il. Dans notre région, on est loin d’être à ce niveau. La vraie concurrence, c’est les brasseries de masse.»

Trois-Pistoles ne comptait pas de microbrasserie avant l’apparition du Caveau, un avantage pour les nouveaux venus. «Le marché naturel d’une microbrasserie devrait être sa localité immédiate, tu devrais pouvoir y aller à pied», juge le copropriétaire, qui prévoit tout de même envoyer ses bouteilles un peu partout au Québec, notamment à Montréal.

Brasser pour une bonne cause
La brasserie versera 1 $ issu de la vente de chacune des bières d’un de ses premiers brassins à l’Association de personnes handicapées l’Éveil des Basques. Cet organisme vise à construire un immeuble de 14 logements adaptés à Trois-Pistoles.

Aussi dans Bouffe :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!