Une étude financée par le gouvernement fédéral a permis de découvrir que 20 pour cent des saucisses en étalage dans les épiceries du Canada contenaient des viandes qui n’étaient pas indiquées sur l’emballage.

L’étude, publiée cette semaine dans le journal «Food Control», a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Guelph à la demande de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Les chercheurs ont testé 100 saucisses dont l’étiquette indiquait qu’elles ne contenaient qu’un seul ingrédient, soit le boeuf, le porc, le poulet ou la dinde.

Selon Robert Hanner, auteur principal de l’étude et professeur adjoint à l’Institut de biodiversité de l’Ontario à l’Université de Guelph, environ une saucisse sur cinq contenait un ingrédient qui n’apparaissait pas sur l’étiquette.

L’ACIA a contacté M. Hanner pour mener cette étude à la suite d’un scandale européen impliquant de la viande chevaline, en 2013.

D’après l’ACIA, le but de cette étude était d’examiner les méthodes scientifiques utilisées par M. Hanner afin de voir si l’agence pouvait les utiliser dans ses pratiques réglementaires.

Sept des 27 saucisses de boeuf examinées dans l’étude contenaient du porc. L’une des 38 saucisses censées ne contenir que du porc contenait de la viande de cheval. Des 20 saucisses de poulet, quatre contenaient également de la dinde et une autre avait du boeuf. Cinq des 15 saucisses de dinde étudiées ne contenaient pas de dinde et étaient entièrement faites de poulet.

Aucune des saucisses examinées ne contenait plus d’un autre type de viande en plus de celle qu’elle devait contenir, a affirmé M. Hanner, notant cependant que les chercheurs n’avaient testé que la présence de dinde, de poulet, de porc, de boeuf et de cheval.

Dans la plupart des cas, il ne s’agissait pas de «traces» d’autres viandes qui auraient pu provenir d’un hachoir mal nettoyé, par exemple. La viande non déclarée représentait entre un et cinq pour cent du contenu des saucisses testées.

Lorsqu’un aliment contient plus d’un pour cent d’ingrédients non déclarés, cela indique une anomalie dans le processus de transformation, ou alors une fraude alimentaire intentionnelle, a expliqué M. Hanner.

L’ACIA a déclaré jeudi qu’elle n’était pas surprise des résultats de l’étude.

«Heureusement, lorsque nous regardons la prévalence basée sur cet échantillon, nous voyons que nous sommes dans une meilleure situation que d’autres pays», a dit Aline Dimitri, directrice de la science de la sécurité alimentaire à l’ACIA.

Le taux d’erreur de 20 pour cent des étiquettes est bas en comparaison avec l’Europe, où des études ont montré que 70 pour cent des échantillons contenaient des ingrédients non déclarés.

Mme Dimitri a toutefois tenu à prévenir que l’étude avait des limites.

«C’est une très petite étude et elle n’est pas conçue pour vraiment représenter ce qui se passe dans ce domaine», a-t-elle fait savoir, ajoutant toutefois que les outils scientifiques utilisés par M. Hanner avaient montré des résultats prometteurs.

Mme Dimitri a mentionné que l’ACIA envisageait de réaliser une étude plus étoffée à ce sujet.

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