Getty Images L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les viandes transformées dans le groupe des cancérogènes avérés, au même titre que la cigarette, l’amiante et le plutonium.

Manger de la viande est-il aussi mauvais pour la santé que fumer la cigarette, comme le suggère le documentaire What the Health? La réponse du Détecteur de rumeurs.

Le documentaire qui fait sensation cet été est sans contredit What the Health, diffusé sur les ondes de Netflix. Dès les premières minutes, Kip Andersen, coréalisateur et protagoniste du film, rapporte que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les viandes transformées dans le groupe des cancérogènes avérés, au même titre que la cigarette, l’amiante et le plutonium. Manger une portion quotidienne de bacon, par exemple, augmenterait le risque d’avoir un cancer colorectal de 18%, rapporte-t-il. La viande rouge n’est pas épargnée : elle ferait partie du groupe des cancérogènes probables et augmenterait le risque de souffrir de ce même cancer de 17%.

Inquiété par ces données, Kip Andersen se remémore son enfance à consommer hot-dogs, bacon et pizzas au pepperoni. Et pendant que défilent à l’écran des images fantaisistes de parents qui servent des cigarettes à leurs enfants, le réalisateur se demande : «Est-ce l’équivalent d’avoir fumé durant toute mon enfance?»

En bref, la réponse est non! Même si les viandes transformées font partie des composés pour lesquels on détient des preuves irréfutables qu’ils augmentent le risque de cancer, il est exagéré de conclure que d’en manger est aussi nocif pour la santé que de fumer la cigarette. Explications.

Catégorisation et force de la preuve
En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, attaché à l’OMS) a classé la viande rouge parmi les «cancérogènes probables» et les charcuteries – c’est-à-dire les viandes transformées par salaison, fumaison, fermentation ou autres procédés visant à en rehausser la saveur – parmi les «cancérogènes avérés», aux côtés du tabac, de l’amiante, de l’arsenic et du plutonium.

Cela signifie que les preuves scientifiques liant le cancer et la consommation quotidienne de viande transformée sont aussi fortes que celles liant cigarette et cancer. Toutefois, cela ne signifie pas que consommer des viandes transformées est aussi cancérigène que fumer la cigarette. En effet, ce n’est pas parce que deux substances se trouvent dans une même catégorie qu’elles présentent le même niveau de risque.

Qu’en est-il du niveau de risque? Après une analyse des données provenant de 10 études sur les viandes transformées, le CIRC a conclu que pour chaque portion quotidienne de 50 grammes (l’équivalent de deux tranches de jambon) le risque de cancer colorectal augmente de 18%. Pour ce qui est de la viande rouge, même si les preuves sont moins fortes, le CIRC estime que le risque de cancer colorectal pourrait augmenter de 17% pour chaque portion de 100 grammes consommée par jour.

Même si les viandes transformées font partie des composés pour lesquels on détient des preuves irréfutables qu’ils augmentent le risque de cancer, il est exagéré de conclure que d’en manger est aussi nocif pour la santé que de fumer la cigarette.

Verdict
La classification des viandes transformées et du tabac dans la catégorie des cancérogènes avérés par l’Organisation mondiale de la santé ne signifie pas que viande et tabac sont aussi néfastes l’un que l’autre pour la santé. Si le risque de développer un cancer durant la vie augmente effectivement avec la consommation de viandes transformées, et possiblement avec la consommation de viande rouge, comparer ce risque avec celui associé au tabagisme est une interprétation erronée des données scientifiques.

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