Getty Ce n’est pas la nature du sucre qui fait la différence, mais bien la quantité totale de sucre qu’on consomme.

Il y a plusieurs mythes entourant les sucres qui dérangent Catherine Lefebvre. Au point où la nutritionniste a dédié un livre entier à ce sujet Sucre – Vérités et conséquences. La journaliste Eve Beaudin, alias Détecteur de rumeurs, s’est entretenue avec cette spécialiste qui profite de l’occasion pour déboulonner un mythe qui a la vie dure, celui selon lequel les sucres «naturels» seraient meilleurs pour la santé que les sucres raffinés.

Pour quelles raisons est-il 
important de rectifier ce mythe sur les sucres naturels?
Dans les dernières années, on a beaucoup mis l’accent sur notre surconsommation de sucres ajoutés, surtout présents dans les boissons sucrées et les aliments ultra-transformés. Il est vrai que c’est le plus gros problème. Sauf qu’on a oublié de souligner que les sucres «libres» incluent tous les sucres ajoutés par le fabricant, le cuisinier ou le consommateur, qu’ils soient sous forme de sucre blanc raffiné, de sirop de glucose-fructose ou de sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus et les concentrés de jus de fruits.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de limiter notre apport en sucres libres à 10% de l’énergie totale d’un adulte, soit 50g par jour (ou 12 1/2 c. à thé). Or, si on veut atteindre cet objectif, il faut éviter de penser que les sucres libres présents dans le miel ou le sirop d’érable, ou dans les jus et les concentrés de jus de fruits, peuvent être consommés sans modération.

Pourquoi ce mythe est-il aussi répandu, selon vous? Sur quelle idée repose-t-il?
Comme plusieurs mythes, il repose sur une part de vérité, livrée sans nuances. Les personnes qui entretiennent ce mythe soutiennent que les sucres naturels – comme le miel ou le sirop d’érable – contiennent «beaucoup» plus de nutriments que les sucres raffinés comme le sucre de table ou le sirop de glucose-fructose. Pourtant, lorsqu’on nuance le tout, on se rend compte rapidement que la prétendue «foule de nutriments» dans le miel ou le sirop d’érable ressemble plutôt à une pincée, si on la compare aux nutriments présents dans les aliments.

«Les vraies raisons 
de privilégier le miel 
et le sirop d’érable sont leur bon goût et le fait que ce sont des sucres d’ici. Mais ce n’est pas une raison pour en mettre partout!» –Catherine Lefebvre, nutritionniste

Par exemple, le sirop d’érable contient effectivement plus de nutriments que le sucre blanc, qui n’en renferme à peu près pas. Il contient notamment du potassium. Cependant, dans une cuillère à soupe de sirop d’érable, il n’y a que 45mg de potassium, alors que dans une banane, il y en a 420. Pour avoir la même quantité de potassium que dans une banane, il faudrait donc consommer plus de neuf cuillères à soupe de sirop d’érable! Avec ça, on dépasserait la dose de sucres libres recommandée par l’OMS. Le scénario est similaire si 
on fait l’exercice pour les autres nutriments présents dans le sirop d’érable.

Pour ce qui est des jus 
de fruits et des concentrés 
de fruits, on soutient qu’ils sont pleins de vitamines 
et de nutriments. On oublie par contre de souligner non seulement que la transformation du fruit en jus élimine la majeure partie des fibres, mais aussi que, de cette façon, nous sommes capables d’ingérer une grande quantité de sucres en quelques gorgées, puisqu’ils sont sous forme liquide.

Que dit la science?
Elle nous permet de comprendre de mieux en mieux comment les différents sucres (glucose, fructose, galactose…) sont métabolisés. Le sucre de table (sucrose), par exemple, est composé à 50% de glucose et à 50% de fructose. Les sucres naturels, comme le miel et le sirop d’érable, contiennent du fructose et du glucose dans des proportions variables, en plus d’une part d’eau. À portions égales, leur teneur en sucres totaux est moins importante que celle du sucre de table. Cependant, une fois que le glucose et le fructose sont absorbés, ils sont métabolisés de la même façon.

Votre verdict?
La leçon à retenir est de réduire notre consommation globale de sucre. Point. La première étape est certainement d’éliminer les boissons sucrées de notre quotidien. Ensuite, il est évident que 
de réduire le plus possible notre consommation d’aliments ultra-transformés, 
ça aide à abaisser notre apport en sucres libres et 
en plusieurs autres ingrédients qui nuisent à la santé.

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