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Le gouvernement écossais a remporté une manche dans dans la bataille judiciaire qui l’oppose depuis cinq ans aux industriels du whisky, la Cour suprême britannique l’autorisant à l’unanimité à fixer un prix minimum à la vente d’alcool.

La plus haute cour britannique a rejeté un appel formé par l’association du whisky écossais (SWA), qui représente les intérêts de l’industrie du whisky en Écosse, et a décidé qu’instaurer un prix minimum n’enfreignait pas la loi et constituait «un moyen proportionné d’atteindre un but légitime».

«Je suis absolument ravie que la Cour suprême ait confirmé la fixation d’un prix minimum. Cela a été un long chemin -et aucun doute que cela continuera à soulever des critiques- mais c’est une démarche audacieuse et nécessaire pour améliorer la santé publique», a tweeté Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise et cheffe du Parti national écossais (SNP, indépendantistes).

«Nous acceptons la décision de la Cour suprême», a réagi Karen Betts, responsable de l’association du whisky écossais, ajoutant que «l’industrie du whisky écossais continuera à travailler en partenariat avec le gouvernement et avec des associations pour promouvoir une consommation responsable et combattre les méfaits liés à l’alcool».

120 décès en moins par an
En 2016, 1.265 décès étaient liés à l’alcool en Écosse, où vivent 5,3 millions de personnes, un chiffre en augmentation de 10% par rapport à l’année précédente.

L’Ecosse s’est attaqué au problème depuis plusieurs années, en réduisant par exemple le niveau d’alcoolémie autorisée au volant, qui est depuis 2014 bien plus bas que dans le reste du Royaume-uni (0,5 g d’alcool par litre de sang, contre 0,8 g dans le reste du Royaume-Uni).

«Nous sommes impatients de voir si le prix minimum peut avoir un impact sur la relation complexe et nuisible de l’Écosse avec l’alcool», a commenté Miles Briggs, chargé des questions de santé au sein du Parti conservateur écossais.

«On estime qu’une fois atteint son plein effet, l’introduction d’un prix minimum unitaire de 50 pence minimum se traduira par 120 décès liés à l’alcool en moins et 2.000 admissions à l’hôpital en moins par an», a commenté la professeure Petra Meier, directrice d’un groupe de recherche sur l’alcool à l’université de Sheffield, dans le Yorkshire du sud.

Selon ce groupe de chercheurs, la mesure est efficace car elle vise «les boissons bon marché et à haute teneur en alcool consommées par les plus gros buveurs et ceux les plus à risque».

Décision «historique»
cLe débat sur la fixation d’un prix minimum a démarré en 2009, le gouvernement écossais annonçant sa volonté d’introduire la mesure, notamment pour empêcher les ventes d’alcool à prix cassé.

Les députés écossais ont rejeté la proposition en 2010 mais la question est revenue au Parlement l’année suivante et en mai 2012, les députés ont approuvé une loi proposant d’augmenter de 50 pence le prix par unité d’alcool.

Jusqu’à présent, certaines bouteilles d’alcool étaient disponibles «à seulement 18 pence par unité», a souligné la ministre de la Santé d’Ecosse, Shona Robison, qui a dit qu’elle allait mettre en place la tarification minimale «le plus rapidement possible».

Une bouteille de 70 cl de whisky ne pourra alors pas être vendue en-dessous de 14 livres et une bouteille de 75 cl de vin à 12,5% pas moins de 4,69 livres.

La ministre de la Santé a salué une décision «historique» et «d’importance mondiale», vantant la politique «pionnière» de l’Ecosse en la matière.

De son côté, l’association du whisky écossais redoute que la mesure nuise aux exportations et va «maintenant se tourner vers les gouvernements écossais et britanniques pour qu’ils soutiennent notre industrie».

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