Getty Images/iStockphoto Le gouvernement évoque l’horizon de 2025 pour le développement d’un secteur bioalimentaire pérenne et durable.

Vendredi dernier, à Québec, se tenait le Sommet sur l’alimentation, qui concluait une année de consultations menées par le ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation (MAPAQ).

Alors que la grande majorité des acteurs de l’industrie agroalimentaire était sceptique face à l’issue de ce sommet, plusieurs d’entre eux sont ressortis de la salle avec un espoir renouvelé. En effet, le premier ministre Philippe Couillard, accompagné notamment du ministre du MAPAQ, Laurent Lessard, a annoncé qu’une première politique bioalimentaire serait déposée le printemps prochain.

«Cette politique sera une pièce importante dans le plan économique du Québec, a dit le premier ministre dans son discours d’ouverture. Il faut rappeler à la population du Québec que notre secteur bio-agroalimentaire est un de nos secteurs économiques les plus importants.»

Les deux objectifs de cette politique? «Mieux répondre aux attentes et maintenir la confiance des consommateurs ET assurer la prospérité et la durabilité du secteur agroalimentaire à long terme.»
On parle notamment de doubler la superficie de la production biologique d’ici 2025, d’investir 3 G$ de plus sur sept ans dans la production agricole, la capture et la transformation, ou encore d’augmenter de 6 G$ les exportations bioalimentaires du Québec.

«J’ose espérer que le gouvernement aura du leadership; non seulement qu’il aura de l’ambition, mais qu’il y mettra aussi les moyens.» – Hélène Laurendeau, nutritionniste

Pour tracer les grandes lignes de cette politique, le gouvernement a entendu divers acteurs et experts des différentes industries agroalimentaires. Parmi ces spécialistes, il y a la nutritionniste Hélène Laurendeau, qui a accepté de partager ses réflexions avec Métro.

Ces consultations avaient commencé sur fond de cynisme, l’an dernier, alors que plusieurs observateurs décriaient la tenue d’une énième commission sur l’alimentation. Pourtant, ce qu’on entend à la suite du sommet de vendredi est assez positif.
Le discours du premier ministre n’avait pas l’air d’une cassette. Il est resté jusqu’à la fin, et à 16 h il a eu une ovation soutenue. Dans la salle, il y avait es gens qui ne sont pas nécessairement des amis dans la vie, mais à la fin, tout le monde était prêt à mettre l’épaule à la roue. J’étais sidérée de voir à quel point il n’y avait pas de cynisme dans la salle, il y avait quelque chose de rassembleur, un objectif commun. Mais bon, je ne suis pas naïve. Il y aura des déceptions. Des choses qu’on voudrait voir avancer plus vite. Néanmoins, l’important, c’est que ça avance.

Si on se fie aux questions abordées, les consultations ont ratissé large. Y a-t-il 
eu des oubliés dans le 
processus?
Je trouve que les démunis [ont été un peu oubliés]. Quand on parle d’accès à des aliments sains, il faut que ce soit accessible physiquement, mais aussi économiquement. Il y a eu une augmentation de 26 % du coût des aliments au cours des 10 dernières années, donc tous n’ont pas accès à des aliments sains. Avoir une politique de prix pour que tous aient accès à un panier de base serait une bonne idée.

Pour vous, quels devraient être les grands axes de 
cette future politique?
Je vais prêcher pour ma paroisse parce que c’est sûr que j’ai à cœur l’alimentation et la santé. Et pour informer les consommateurs, les éduquer, il faut développer des compétences à l’école, dès la petite enfance. Que tous les jeunes aient accès à des cours de cuisine, à des petits potagers – ce sont des choses qui outillent les enfants pour la vie. Je trouve ça excessivement important.

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