Au lendemain de l’Expo 67, après s’être ouverte aux goûts du monde, Montréal accueillait, le 17 juillet 1968, sa première école hôtelière: l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Cinquante ans plus tard, Métro évoque avec sa directrice générale, Liza Frulla, le chemin parcouru et ce qu’il reste à accomplir.

Qu’est-ce que la création de l’ITHQ, en 1968, a apporté au Québec? À Montréal?
Je crois profondément que l’ITHQ a positionné la gastronomie québécoise. Depuis 
50 ans, les 12 000 diplômés de l’école ont travaillé pour faire en sorte que nous devenions une destination gastronomique incontournable. On a donné une identité nationale à ce secteur. Avant, on importait l’expertise. À l’époque, les chefs exécutifs des grands restaurants étaient français. La gastronomie était une gastronomie française.

D’ailleurs, les fondateurs 
de l’école sont des Français, n’est-ce pas?
Absolument! À l’Expo 67, la plupart des pavillons avaient des restaurants, qui étgaient gérés par des chefs français. Et ce sont eux qui sont restés [au Québec et qui sont devenus les premiers professeurs de l’ITHQ], qui ont enseigné les bases. Mais nous, Québécois, au fil des années, avons adapté cet enseignement français et en avons fait un enseignement québécois, pour une gastronomie québécoise. Aujourd’hui, la plupart des chefs connus ont été formés à l’ITHQ, sans compter ceux qui travaillent plus dans l’ombre.

Donc, on peut dire qu’aujourd’hui, l’ITHQ enseigne la gastronomie québécoise?
Plus généralement, on enseigne la gastronomie, l’art de bien boire et de bien manger. Mais on a maintenant des professeurs québécois, des chefs québécois, incluant la diversité, puisque c’est elle qui donne sa couleur à notre gastronomie. Moi, je suis Italienne, et la gastronomie italienne est très intégrée dans notre offre québécoise, comme celle de l’Inde, de la Chine, etc. C’est ce qui fait la richesse de ce qu’on offre à Montréal.

«Personnellement, je trouve que l’ITHQ est la plus grande école hôtelière au Canada, la plus importante, la plus reconnue au niveau international. Être à la tête d’une institution si unique, c’est un gros cadeau. Un beau cadeau.» –Liza Frulla, directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec

Qu’est-ce qui s’en vient pour l’ITHQ dans les prochaines années?
Le dossier du diplôme universitaire sur lequel on travaille depuis 11 ans est majeur parce qu’on a un volet universitaire qui nous appartient en propre et, dans le cheminement de l’école, il faut pouvoir donner ce baccalauréat nous-mêmes. [NDLR : Il est actuellement donné conjointement avec l’UQAM.]

Ensuite, nous travaillons avec l’Université Laval pour mettre sur pied une unité mixte de recherche appliquée, réunissant le Département en sciences des aliments de Laval et nos chercheurs en sciences du goût. Cette unité de recherche travaillera à faire évoluer la restauration, du prêt-à-manger au restaurant à proprement parler.

Et finalement, on continuera à former l’élite. Notre taux de placement est de 100 %, et on n’en forme pas encore suffisamment pour la demande qu’on a.

50e anniversaire

La programmation du 
50e anniversaire de l’ITHQ a été dévoilée lundi. Voici quelques activités à ne pas manquer:

  • Portes ouvertes. Le 
10 février de 10 h à 16 h, l’école de la rue Saint-Denis ouvre ses portes. Pour l’occasion, le public pourra participer à des conférences, des visites guidées, des ateliers, des dégustations 
et rencontrer quelques-uns de leurs ambassadeurs, dont Sœur Angèle et 
Bob le Chef.
  • Montréal en lumière. Du 22 février au 4 mars, l’ITHQ s’intègre au festival Montréal en lumière pour partager son savoir-faire à travers différents ateliers.
  • Programmation complète. ithq.qc.ca/50

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