On habite «le plus meilleur pays du monde», paraît-il, même en ce qui a trait à l’alimentation. Ce qu’on ne trouve pas dans les champs, on peut toujours le trouver dans la forêt!

Zoom sur quelques produits méconnus au goût unique.

Essence de mélilot
Dans la restauration, il semble que ce soit l’ingrédient dont tout le monde parle actuellement. «On a maintenant notre essence de vanille boréale», se réjouit Ariane Paré-Le Gal, copropriétaire de Gourmet Sauvage, qui a développé ce produit. D’ailleurs, rappelle-t-elle, même Ricardo en a mis dans sa bûche de Noël l’année dernière. Mais qu’est-ce que c’est, au juste? «La fleur de mélilot contient une molécule cousine de la vanille», explique la spécialiste. Ainsi, au terme d’une macération dans l’alcool, on obtient une essence qui «ressemble beaucoup à la vanille au nez, avec des notes d’amande mélangées avec un peu de foin frais».

Thé du Labrador
Le thé du Labrador est de plus en plus facile à trouver dans les commerces. À la différence des populaires thés noirs ou verts, il ne contient pas de caféine, ce qui ne l’empêche pas d’avoir certaines vertus thérapeutiques: anti-inflammatoire, antispasmodique, antibactérien et calmant. Selon Hugo Americi, de la maison de thé Camellia Sinensis, qui propose non seulement des thés cueillis en Asie, mais aussi des tisanes élaborées à partir d’ingrédients d’ici, il faut toutefois porter attention à sa provenance et encourager la cueillette responsable.

Huile de caméline
Plante un peu oubliée de la famille des crucifères aux petites fleurs jaunes, la caméline regagne ses lettres de noblesse depuis quelques années, aussi bien dans la cuisine que dans les cosmétiques. L’huile qu’on en tire, riche en oméga-3, est idéale pour cuisiner, puisqu’on peut la chauffer sans problème. «C’est différent de ce qu’on connaît, avec un goût très subtil de noisette, de sésame, et des arômes herbacés rappelant l’asperge, décrit Chantal Van Wieden, PDG d’Oliméga, qui cultive et produit cette huile depuis une dizaine d’années. Elle est idéale pour les vinaigrettes, mais aussi pour les marinades ou les sautés de légumes.»

Moutarde
On a beaucoup parlé du ketchup préparé à partir de tomates canadiennes ces dernières années, mais sachez qu’il existe également de la moutarde québécoise élaborée au pays à partir de grains de moutarde locaux. D’ailleurs, une compagnie d’ici, Maison Orphée, vient de lancer une gamme de moutardes entièrement produites au Québec. «Nous sommes confiants de pouvoir concurrencer les grandes marques de moutarde étrangères», a indiqué la copropriétaire Élisabeth Bélanger. D’autres moutardes locales sont aussi sur les tablettes; lisez les étiquettes!

Myrique baumier
Pour «goûter la forêt sans aller vers les saveurs de conifère», on peut se tourner vers le myrique baumier, suggère également Ariane Paré-Le Gal. «L’épice vient d’une cocotte vert presque lime, c’est très mignon, et en même temps extrêmement frais comme saveur. C’est un parfum polyvalent qu’on peut utiliser autant dans un gâteau que dans les viandes. Pour ma part, je préfère l’utiliser en poudre ou en infusion.»

Conifères
Selon Ariane Paré-Le Gal, «tous les conifères se consomment, sauf l’if du Canada». Et on a le choix : on peut autant utiliser les aiguilles matures qu’on cueille à tout moment de l’année et qu’on cuisine un peu comme le romarin que les pousses printanières, plus tendres et au goût plus citronné. Les aiguilles de sapin, par exemple, peuvent être hachées très finement pour parfumer une boulette de burger, conseille-t-elle. D’autres bonnes idées : une truite parfumée au cèdre (qui diffusera ses arômes pendant la cuisson) ou encore un mojito préparé avec du cèdre plutôt que de la menthe. «La beauté des conifères, c’est qu’ils sont disponibles toute l’année et très démocratiques; tout le monde peut en cueillir facilement.»

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