Le sport est un puissant moteur de développement chez les jeunes. D’ailleurs, pour favoriser la réussite scolaire, plusieurs pédagogues souhaitent l’introduction de programmes d’activité physique quotidienne dans les écoles québécoises.

«Toutes les recherches le démontrent : pour augmenter la performance intellectuelle, on doit augmenter le nombre d’heures d’activité physique encadrée par semaine»,
soutient Marcel Bouchard, éducateur physique, chroniqueur et conférencier. «Lorsqu’on est en mouvement, la circulation sanguine est meilleure, le cerveau a plus d’oxygène et on fonctionne mieux. Un cerveau dans un corps qui ne bouge pas, c’est un cerveau qui ne raisonne pas à pleine capacité», indique-t-il.

Chez les jeunes, l’importance de bouger est encore plus grande. «Ils ont 20 fois plus d’énergie que leurs professeurs et il faudrait qu’ils restent assis pendant huit heures? C’est plutôt en leur permettant de dépenser toute cette énergie-là qu’on va réussir à aller chercher le maximum de leurs possibilités.»

Mario Bigras, directeur général et cofondateur du Collège Boisbriand, abonde dans ce sens. C’est pourquoi il a implanté, il y a huit ans, un programme scolaire qui permet à chaque élève de son école de faire 75 minutes d’activité physique par jour.«Nous utilisons l’activité physique comme un moteur pour la motivation des jeunes. Quand ils arrivent en classe, ils ont dépensé leur surplus d’énergie et ils sont mieux disposés à apprendre», explique M. Bigras, éducateur physique de formation.«L’activité physique active les régions du cerveau responsables de l’attention, de la concentration et de la mémoire. Le fait de développer l’estime de soi par l’entremise de l’activité physique, où les compétences sociales sont largement sollicitées, favorise également l’apprentissage.»

«Un cerveau dans un corps qui ne bouge pas, c’est un cerveau qui ne raisonne pas à pleine capacité» – Marcel Bouchard, éducateur physique, chroniqueur et conférencier.

Au départ, le programme a été conçu pour des enfants qui ne correspondent pas à l’élève type du secondaire. «Dans la région, il y avait un haut taux de décrochage et de non-succès scolaire. On voulait aller chercher ces jeunes qui sont plus intéressés par le sport que par les études», raconte le directeur. «Miser sur la motivation par l’activité physique avec ces jeunes s’est avéré très payant. Plusieurs de nos élèves, qui n’y arrivaient pas dans un cadre scolaire régulier, se sont mis à réussir et ont obtenu leur diplôme. Des histoires de réussite, on en voit tous les jours.»

Mario Bigras espère que le modèle adopté par le Collège Boisbriand se répandra dans les écoles de la province. «C’est prouvé scientifiquement qu’en augmentant le temps d’activité physique à l’école, on accroît les chances de réussite des élèves. C’est pourquoi on ajoute presque toujours un volet “sport et activité physique” dans les programmes de persévérance scolaire, dit-il. Ça m’apparaît comme une voie extrêmement prometteuse et peu coûteuse pour combattre le décrochage et augmenter la réussite scolaire.»

Marcel Bouchard est également vendu à l’idée. «Ce que fait le Collège Boisbriand, c’est ce que toutes les écoles du Québec devraient faire. L’importance du mouvement dans le développement des jeunes est fondamentale.»

Children's feet in sports hall

Le sport au service des études
Utiliser l’activité physique comme moteur de la motivation et de la persévérance scolaire : c’est ce que propose le Collège Boisbriand, dont le programme d’accès à la réussite prévoit 75 minutes de mise en forme quotidiennes pour tous ses élèves.

«Même s’il a été implanté il y a huit ans, le modèle est encore très novateur, explique Mario Bigras, directeur général et cofondateur du Collège Boisbriand, une école secondaire mixte privée.

«Au lieu d’avoir quatre périodes dans sa journée, le jeune en a cinq. La période ajoutée fait partie de notre programme d’accès à la réussite, donc du programme de mise en forme. C’est un cours obligatoire au même titre que le cours de français ou de mathématiques», précise-t-il.

«Lorsque le besoin se fait sentir, l’élève peut utiliser cette période pour recevoir du soutien pédagogique dans une matière où il a plus de difficulté. L’idée consiste à corriger les petites lacunes le plus rapidement possible pour avoir les meilleures chances de réussite à la fin de l’année scolaire.»

Hockey sur glace, baseball, soccer, arts martiaux, basketball, danse, cheerleading, football, badminton, tennis de table, mini-tennis, volleyball, handball, musculation : le choix de cours dont disposent les quelque 200 élèves de l’école est assez impressionnant.

«L’important, c’est d’av­oir une belle variété pour que le jeune puisse développer toutes sortes d’habiletés physiques et pour qu’il garde sa motivation», dit Mario Bigras.
L’animation des périodes de mise en forme est confiée à des kinésiologues, qui s’assurent que les activités se fassent de manière sécuritaire et stimulante.

«On a aussi une très grande participation des enseignants, qui s’impliquent souvent dans les activités sportives. On essaie de joindre l’utile à l’agréable et de prêcher par l’exemple. Ça contribue beaucoup au succès du programme», conclut le directeur.

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