Pour les détenteurs d’une maîtrise ou d’un doctorat, la transition entre la recherche universitaire et le marché du travail représente un défi de taille. Et les jeunes chercheurs doivent s’y préparer tout au long de leurs études. Voici cinq stratégies à mettre en œuvre tout au long des études pour adoucir la transition.

1-Penser compétences
Des connaissances pointues en philosophie allemande ou en mathématiques pures ont peu d’applications directes sur le marché du travail. Cela dit, les compétences en rédaction, la créativité, la capacité à résoudre des problèmes, la pensée critique et l’esprit de synthèse que développe un jeune chercheur sont des traits prisés par les donneurs d’emplois.

«Rédiger son CV par compétences rend le parcours de recherche concret pour l’employeur», explique Patricia Dionne, professeure d’orientation professionnelle à l’Université de Sherbrooke.

Elle invite également les étudiants à préparer un portfolio qui soit également centré sur leurs compétences transférables à l’emploi, avec des exemples de réalisations qui en témoignent. «Le portfolio est un bon moyen de démontrer qu’au-delà de nos connaissances sur un thème spécifique, on a développé un savoir-agir», indique la professeure.

2-S’impliquer
L’implication dans des associations étudiantes ou savantes, l’organisation de colloques, l’édition de revues, la participation à des groupes de recherche et les stages sont autant d’occasions de développer ses compétences professionnelles.

«Il ne faut pas avoir peur d’essayer, d’explorer, de se proposer pour différentes tâches», insiste Jesse Vincent-Herscovici, chargé principal de compte chez Mitacs, un organisme qui a pour mission de tisser des liens entre le milieu universitaire et l’industrie.

Le bénévolat au service d’une cause qui nous tient à cœur ou un boulot à temps partiel dans un milieu professionnel qui nous intéresse sont d’autres moyens de faire ses preuves aux yeux des futurs employeurs, selon le conseiller d’orientation et enseignant en développement de carrière à l’UQAM René-André Hervieux.

Attention, toutefois, à ne pas se laisser accaparer par ces activités parallèles. Au-delà de 21 heures par semaine, on met en péril la réussite de ses études, prévient le conseiller d’orientation.

3-Développer son réseau
«C’est le b.a.-ba de la recherche d’emploi : il faut des contacts», affirme René-André Hervieux. Or, nombreux sont les jeunes chercheurs qui se sentent malhabiles lorsque vient le temps d’aborder de purs étrangers.

«Il faut voir ces discussions comme un mode d’apprentissage informel. C’est une autre façon d’exercer sa curiosité intellectuelle», fait valoir Jesse Vincent-Herscovici. Il est à son avis normal de trouver au départ difficile de réseauter; d’où l’importance de commencer le plus tôt possible. «On s’habitue», assure-t-il.

4-Explorer le monde du travail
«Il faut avoir un plan B, même des plans C, D, E…», croit René-André Hervieux. Pour mieux connaître les possibilités du marché du travail, les étudiants gagnent selon lui à rencontrer des travailleurs occupant des postes dans lesquels ils s’imagineraient eux-mêmes. Le déroulement d’une journée de travail type, les compétences nécessaires, les possibilités d’avancement professionnel et la demande de travailleurs dans le domaine sont parmi les thèmes à aborder avec ces personnes ressources.

5-Tirer profit des services aux étudiants
Ateliers de rédaction de CV et de préparation aux entrevues, rencontres d’orientation individuelles, groupes de recherche d’emploi, journées carrières, services de placement et de mentorat… Chaque institution d’enseignement offre une riche gamme de services d’aide au développement de carrière. Des ressources dont on aurait tort de se passer!

Quelques faits. Selon le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, 11 654 diplômes de maîtrise et 1 774 doctorats ont été décernés au Québec en 2012 (la dernière année pour laquelle des données sont disponibles). Or, seuls 19 % des titulaires d’un doctorat décrochent un poste de professeur à temps plein (Conference Board du Canada, 2015). Et parmi les 60 % qui font carrière hors de la tour d’ivoire universitaire, «nombreux sont ceux qui connaissent un passage difficile de l’université au marché du travail», note le Conference Board.

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