Que ce soit pour acquérir de nouvelles compétences ou simplement pour se mettre à jour professionnellement, il est possible de suivre de nombreuses formations, et ce, à un prix très raisonnable.

Pour répondre aux besoins grandissants des aspirants apprenants, de nombreuses formations ont vu le jour. C’est le cas des cours en ligne ouverts et massifs (CLOM), aussi appelés MOOC (pour Massive Open Online Course),  qui peuvent être suivis par un grand nombre d’étudiants, à la façon d’un cours magistral.

La plupart des CLOM sont gratuits, mais les personnes qui veulent obtenir une attestation devront ouvrir leur portefeuille. «Sauf que très peu d’inscrits vont jusqu’au bout de la formation, précise Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation. Il faudrait évaluer le succès d’un MOOC en tenant compte du ratio d’inscrits et de finissants.»

Pour remédier à ce problème d’engagement, qui toucherait 95 % des étudiants, selon une étude réalisée par le MIT et Harvard, l’offre des cours en ligne ouverts s’est diversifiée. Les cMOOC, souvent payants, proposent donc une relation plus étoffée entre participants et professeurs.

Thierry Karsenti estime que suivre un MOOC dans son intégralité peut faire la différence sur un curriculum vitae. «À candidat égal, cela constitue une valeur ajoutée et démontre de l’ouverture, de la discipline et de l’autonomie.»

Jean Talbot, directeur du département de technologies de l’information de HEC Montréal émet tout de même un bémol : «À la différence d’un diplôme [dont la valeur est déjà bien établie], il faut être capable de vendre l’attestation reçue.»

Mais évaluer la qualité d’un MOOC peut être ardu, surtout pour ceux qui sont de nature théorique. «C’est plus facile de tester des notions de programmation que de leadership», résume Jean Talbot.

Même si ce genre de formation représente un excellent complément pour ceux qui souhaitent acquérir diverses compétences, M. Talbot encourage tout de même les jeunes à décrocher un diplôme traditionnel.

Des MOOC pour tous les goûts

Décoder le langage de Star Trek, devenir un leader ou apprendre à tricoter : on en trouve pour tous les goûts parmi les différentes plateformes existantes. Tant dans la langue de Shakespeare, que dans celle de Molière.

Avec plus de 38 millions de personnes inscrites à un MOOC en 2015, les formations en ligne constitueraient même la plus grande université sur Terre. «Ça permet de rêver, et ça pique la curiosité», se réjouit Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation.

Ce dernier s’est d’ailleurs amusé à suivre différents cours, dont Dino 101, offert par l’université de l’Alberta. Rapidement devenu populaire, ce programme de paléontologie des dinosaures a vu affluer des étudiants des quatre coins du monde, qui s’y sont inscrits officiellement.

«Les MOOC devraient servir de bande-annonce pour attirer une clientèle», pense M. Karsenti. On peut donc suivre un cours à Harvard ou encore à HEC Montréal, qui, avec Polytechnique et l’Université de Montréal, a été le premier établissement au Québec à offrir un campus virtuel, appelé EDUlib.

«Notre objectif était à la fois de partager nos connaissances et de nous faire connaître dans la francophonie», explique Jean Talbot.

Et les cours en ligne peuvent aussi innover et répondre à des besoins réels. M. Karsenti a ainsi collaboré avec l’Agence universitaire de la Francophonie afin de développer le CERTICE, un MOOC destiné à former des enseignants africains à l’usage du numérique et à leur offrir une certification.

«Avec les webinaires ou YouTube, c’est facile de se former pour pas cher, estime M. Karsenti. Cela dit, le rôle de la formation est d’amener les étudiants à s’approprier les connaissances.»

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