Dans le domaine des technologies de l’information, les femmes sont toujours une denrée rare. Ambre Lizurey fait partie de cette minorité.

Productrice associée chez Ubisoft pour la marque Assassin’s Creed, la Montréalaise de 29 ans évoque son cheminement dans une industrie en pleine expansion qui espère attirer davantage de talents féminins.

Parlez-nous de votre parcours.
J’ai étudié les technologies de l’information à HEC Montréal. J’ai fait partie de la première cohorte du baccalauréat trilingue. Ensuite, je suis allée à Polytechnique, où j’ai commencé une maîtrise en ergonomie cognitive, qui touche au traitement humain de l’information par rapport aux interfaces. Comme je voulais appliquer mon mémoire à quelque chose de concret, j’ai rencontré des gens d’Ubisoft, qui étaient intéressés à mes travaux. Ça fait maintenant sept ans que je travaille avec eux. J’ai commencé en tant qu’analyste de données avant de passer à la production. Depuis plus de deux ans, je suis productrice associée. Présentement, je m’occupe d’une équipe montréalaise d’une centaine de personnes qui travaillent à la production du jeu Assassin’s Creed.

Quel est le ratio homme-femme dans l’industrie des technologies?
En technologies de l’information (TI) à HEC, il y avait environ 80 % d’hommes et 20 % de femmes. À Polytechnique, nous étions encore moins nombreuses. Sur le marché du travail, le ratio reste le même en général. En TI, il y a 20 % de femmes dans les équipes de production. Il n’y a pas assez de filles qui obtiennent leur diplôme dans ce domaine, alors l’industrie ne peut pas recruter autant d’hommes que de femmes.

«C’est vraiment la [créativité que demande mon emploi] qui fait en sorte que je me lève le matin et que je suis contente d’aller travailler.»
Ambre Lizurey

Pourquoi les filles sont moins attirées par ce milieu?
Lorsqu’on est plus jeune, on parle encore beaucoup de métiers de fille et de métiers de garçon. Du coup, les filles ne sont peut-être pas amenées à apprendre ce qu’est la programmation et les technologies de l’information en général. C’est pourquoi, avec Ubisoft, je m’implique dans plusieurs initiatives visant justement à faire découvrir aux jeunes filles le milieu des technologies. Je les aide à démystifier tout ça. C’est aussi une question de génération. Dans celle qui s’en vient, les filles sont plus à même de savoir ce qu’elles veulent. Mais ça va quand même prendre un changement de culture. C’est pourquoi il faut aller à la source et proposer des activités aux filles pour leur montrer ce que sont les technologies. On doit leur donner la chance d’y toucher au moins une fois si on veut qu’elles s’y intéressent.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail?
La créativité. C’est vraiment la chose qui fait en sorte que je me lève le matin et que je suis contente d’aller travailler.

Quel est l’avantage d’être une femme dans votre milieu?
Peut-être celui de penser différemment. Chez Ubisoft, on mise beaucoup sur la diversité dans nos équipes pour avoir différents points de vue donc plus de créativité. Il y a de plus en plus de femmes qui jouent aux jeux vidéo, alors il me parait normal qu’elles soient aussi représentées dans nos équipes de production.

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