Chantal Levesque Teddy-Patrice Charles

C’est sa fascination pour les sports de combat qui a mené Teddy-Patrice Charles au Gym Ness Martial il y a six ans.

Il y a découvert l’organisme Ali et les princes de la rue, qui vient en aide aux jeunes en difficulté par l’entremise des arts martiaux. Rapidement, l’étudiant en intervention en délinquance a voulu apporter sa contribution bénévole.

Que font exactement
Ali et les princes de la rue?
Il y a beaucoup de jeunes qui ont des problèmes de drogue, d’estime de soi ou qui sont en lien avec la criminalité et les gangs de rue. Certains veulent s’en sortir, mais ils n’ont pas les bons outils. Avec les arts martiaux, on les aide à acquérir une nouvelle philosophie de vie, à comprendre que le chemin qu’ils sont en train de prendre ne va pas les mener très loin. En venant se défouler et dépenser leur énergie au gym, ils n’ont plus le temps d’aller faire des niaiseries dehors.

Comme l’organisme est en lien avec la CSDM, plusieurs viennent aussi y terminer leur secondaire. Dans le dojo, juste au-dessus du gym, il y a une salle de classe avec un professeur ou des intervenants. Les jeunes doivent aussi participer aux cours d’arts martiaux. Ça fait partie du programme et ça fonctionne très bien.

«Je me considère comme un ingénieur social. Je veux aider
à créer des ponts vers
la réussite, l’estime de soi et la confiance.» –Teddy-Patrice Charles

Pourquoi êtes-vous si 
attaché à cet organisme?
Je me considère comme un ingénieur social. Je veux aider à créer des ponts vers la réussite, l’estime de soi et la confiance. J’essaie d’aider les jeunes à construire une base solide pour qu’ils puissent avancer dans la vie.

Grâce à Ali et les princes de la rue, j’en ai vu plusieurs qui se sont découverts eux-mêmes. Je sais qu’ils ont un potentiel fou même s’ils ne le savent pas. Je crois avoir été chanceux dans la vie. Partout où je suis allé, je suis tombé sur des gens qui m’ont aidé. Je veux transmettre cette chance-là à d’autres.

Pourquoi cette cause
vous touche-t-elle plus qu’une autre?
Quand j’étais jeune, j’ai subi des choses désagréables. Dans le quartier où j’ai grandi, à Montréal, ce n’était pas un avantage d’être petit et moins fort. On m’attaquait beaucoup, on me frappait. Je sais c’est quoi être impuissant, ne pas pouvoir se défendre ou aider ses amis. Et je sais aussi que résoudre ça par les poings, ça ne mène à rien.

C’est pour apprendre le contrôle de soi, mais aussi pour me défouler que je me suis dirigé vers les arts martiaux. La rage, c’est un poison pour l’esprit et je ne veux pas que les autres jeunes soient pris avec ça. Je veux les aider à éviter de tomber dans la délinquance et la vengeance.

Une fois par mois,
 Métro propose, en
 collaboration avec le
 Conseil jeunesse de 
Montréal, des portraits
 de jeunes inspirants.

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