La pression de la performance, notamment pour obtenir la cote R nécessaire pour être admis dans les programmes universitaires contingentés, a des effets négatifs sur les étudiants du cégep.

Les jeunes adultes connaîtraient des niveaux de stress supérieurs au reste de la population, selon la psychologue Manon Théorêt. Pour contrer ce phénomène, le Collège de Maisonneuve a mis en place un cours d’éducation physique portant sur l’amélioration des habitudes de vie et la réduction du stress.  «Ce cours est né du constat que les notes causent beaucoup de stress aux étudiants, explique un des professeurs d’éducation physique du collège, Jacques-Olivier Moffatt. Et les recherches montrent que l’activité physique aide à gérer le stress.»

Le cours est consacré au bien-être et à la santé. «Le but est de rendre l’étudiant autonome dans sa pratique et sa gestion de l’activité physique et de l’aider à adopter de saines habitudes de vie, poursuit M. Moffatt. La gestion du stress est vue comme un moyen pour les faire bouger.»

Comprenant un volet théorique sur le stress et la consultation d’un psychologue (afin de déterminer deux habitudes à modifier), le cours propose aussi trois activités de 20 minutes chacune : une activité cardio-vasculaire -– le cours se termine par une course de 4 km –, des étirements et une période de relaxation (médiation et yoga).

«C’est presque un cours de croissance personnelle.» – Jacques-Olivier Moffatt, enseignant au Collège Maisonneuve

«Un autre des objectifs est de rétablir un lien de confiance avec l’activité physique en démontrant que ce n’est pas une question de performance, mais une question de se faire du bien», insiste le professeur.

«C’est une très belle initiative», commente Manon Théorêt, ajoutant que la recherche hésite à confirmer la relation directe entre le sport et la résilience au stress. «La recherche n’est pas tout à fait unanime pour dire que c’est bien l’exercice physique qui contribue à améliorer la saute psychologique des gens», nuance-t-elle.  Selon elle, l’activité physique permet bien de contrer la partie physiologique du stress, mais pas forcément sa composante psychologique. Elle note aussi le risque que l’activité physique soit uniquement associée à un but lié à la santé, alors que ses bienfaits viennent de la pratique elle-même.

Cela dit, «la réponse des étudiants est super bonne, estime M. Moffatt. Ils trouvent que le cours les aident. On leur demande de le voir comme un investissement sur eux-mêmes, plus que comme un cours avec une note, et ça fonctionne.»

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