Getty Images/iStockphoto La méditation pleine conscience est une technique permettant de réduire les émotions négatives au travail

Contrairement à la croyance populaire, un employé heureux n’est pas nécessairement plus productif.

Renaud Gaucher, consultant et chercheur associé au centre de recherche en économie du bonheur de l’Université Érasme de Rotterdam, explique les liens entre le bonheur et la performance au travail.

Comment définissez-vous le bonheur au travail?
Être heureux au travail, ça veut dire vivre beaucoup plus d’émotions positives que négatives dans le contexte professionnel. Pour augmenter son bonheur au travail, on voudra donc limiter ce qui génère des émotions négatives et encourager ce qui génère des émotions positives.

Un employé plus heureux au travail est-il un employé plus performant?
Pas nécessairement. Il y a des entreprises qui sont très performantes et où les employés n’ont pas la réputation d’être très heureux.

Est-ce à dire que le bonheur au travail nuit à la performance?
Ce n’est pas ce que je dis non plus! Ce qu’il faut retenir, c’est que le lien de cause à effet n’est pas automatique : certains leviers du bonheur produisent des effets positifs, alors que d’autres sont neutres ou même négatifs quant à la performance.

Pouvez-vous me donner des exemples de leviers?
Dans l’approche des besoins psychologiques de base, il est considéré que nous avons besoin quotidiennement de trois «vitamines» pour être heureux au travail : l’autonomie, le sentiment de compétence et les relations avec les autres.

Quels sont les outils à la disposition d’un travailleur pour augmenter son bonheur au travail?
La méditation pleine conscience est une technique permettant de réduire les émotions négatives au travail. L’état de flow est un état où on se sent bien, où on ne voit pas le temps passer et où le travail représente un défi à sa mesure. Savoir le créer et l’entretenir permet de vivre davantage d’émotions positives.

Quels sont les moyens à la disposition des employeurs?
D’abord, faire un diagnostic de niveau scientifique afin d’avoir l’information la plus pertinente possible. Ensuite, travailler sur les leviers les plus importants afin de faciliter le changement. Je conseille aux entreprises québécoises de s’intéresser au travail des professeurs Jacques Forest et Gilles Dupuis de l’UQAM. Ils ont chacun développé un excellent outil de diagnostic.

Quels avantages une entreprise tire-t-elle de se soucier du bonheur de ses employés?
De manière générale, les émotions positives peuvent influencer favorablement les processus mentaux comme le traitement de l’information complexe et la créativité, de même qu’elles peuvent encourager la persévérance et les comportements de citoyenneté organisationnelle. Plus concrètement, on peut travailler à réduire le taux de roulement et l’absentéisme et à augmenter l’engagement et la productivité.

Quelles sont les «clés du succès» du bonheur et de la performance en entreprise?
Outre la mise en place d’outils de mesure scientifiques, je dirais que la clé est de développer une approche de réciprocité au sein de l’entreprise. Comment? En reconnaissant le lien d’interdépendance entre employeur et employés. Puis en favorisant les situations «gagnant-gagnant» plutôt que l’affrontement.

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