Pour les pigistes, la tentation est forte de chercher un client unique afin d’éviter de devoir jongler avec les mandats.

Cette solution crée une dépendance du pigiste envers son client. Trouver un équilibre entre petits et gros clients est donc essentiel pour assurer ses arrières.

Alexandre Comtois est consultant web. Pendant un an et demi, il a travaillé principalement pour un client. Un jour, celui-ci lui annonce qu’il a décidé d’embaucher un employé pour effectuer les tâches qu’on lui confiait jusqu’à présent. «Cela a représenté un gros trou dans mon budget», raconte-t-il.

Jouer sur plusieurs tableaux
Recrutement d’un salarié, arrivée d’un nouveau gestionnaire possédant déjà son réseau de pigistes, changement de stratégie, ou encore volonté de la compagnie de collaborer avec un autre pigiste… Les raisons d’une perte de contrat sont nombreuses. L’image est galvaudée, mais demeure toujours aussi vraie : pour éviter d’y laisser toutes ses plumes, le travailleur autonome ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier. «L’idéal est de se constituer un bassin de 5 à 10 clients stables avec qui entretenir des relations d’affaires de bonne qualité, conseille Alexandre Comtois. Seuls les pigistes à temps partiel, qui ont un emploi à côté, ont peut-être intérêt à n’avoir qu’un client, car cela leur économise du temps de gestion.»

Diversifier ses sources de revenus est également la stratégie que recommande Sylvie Goulet, rédactrice, réviseuse et traductrice-adaptatrice à la pige depuis 10 ans. «J’ai refusé les projets qui m’auraient monopolisée complètement, dit-elle. J’ai toujours eu des petits, des moyens et des gros clients.»

«L’idéal est de seconstituer un bassin de 5 à 10 clients stables avec qui entretenir des relations d’affaires de bonne qualité.» – Alexandre Comtois, consultant web

L’importance d’une bonne organisation
Pour faire face à tous ses engagements, un échéancier précis est bien sûr essentiel. Mais certaines techniques ont aidé Sylvie Goulet à garder le cap. «J’ai pris des contrats souples, comme de la révision de romans, dont les délais étaient longs, afin de pouvoir avancer dessus quand j’avais du temps entre d’autres tâches, explique-t-elle. Et j’ai toujours essayé de garder du temps chaque semaine pour répondre aux urgences.»

Elle a également testé la sous-traitance d’une partie de son travail, avec des résultats mitigés cependant. «Il n’y a pas deux rédacteurs qui écrivent de la même manière, et les clients étaient habitués à mon style, se rappelle-t-elle. La révision se prête mieux à la sous-traitance.»

L’erreur à ne pas commettre reste de négliger un mandat au profit d’un autre. «Sinon, on se tire dans le pied», affirme Alexandre Comtois. Petit ou gros contrat, chaque client doit être satisfait!

Un réseautage constant
En parallèle, il est essentiel de se construire un bon réseau et de se faire connaître des clients potentiels, même si son carnet de commandes est déjà plein. «Il faut se voir comme un entrepreneur et planter des graines, car elles ne porteront leurs fruits que 6 ou 12 mois plus tard, souligne celui qui a lancé le site PIGE Québec pour mettre en relation les travailleurs autonomes avec les entreprises. Si un gros client nous lâche, on pourra vite retrouver un bon niveau d’activité.»

Démarcher des clients est possible, mais ceux qui se sentent intimidés par cette perspective peuvent compter sur l’internet pour gagner en visibilité, notamment en misant sur les réseaux sociaux.

Rester à l’affût
Surveiller les signes avant-coureurs d’une possible perte de mandats est également utile pour se prémunir contre une chute de ses revenus. Alexandre Comtois avait vu venir la fin de sa collaboration avec son gros client. «L’entreprise venait d’avoir du financement et j’avais vu que les offres d’emploi se multipliaient sur son site internet», se remémore-t-il.

Surveiller l’actualité permet aussi d’anticiper des changements, selon Sylvie Goulet. «Quand l’économie va mal, les services de communication en pâtissent souvent les premiers.» Une baisse du volume de commandes ou des échanges de courriels moins fréquents sont aussi des signaux d’alerte à guetter.

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