Vieillissement de la population oblige, les emplois en assistance et en soins aux aînés sont, et seront, en demande au cours des 20 prochaines années.

Un millier de nouveaux postes seront créés annuellement dans ce secteur. «Il y aura 
30 000 nouveaux aînés par an», lance d’emblée Yves Desjardins, président-directeur 
général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA). Pour accueillir la population vieillissante des baby-boomers, il prévoit la création de quelque 6 000 nouvelles unités locatives par année. S’il est facile de trouver la brique pour construire les murs de ces résidences, le recrutement du personnel est cependant une véritable préoccupation. «On se rend compte que les gens ne savent pas qu’on cherche de la main-d’œuvre», note-t-il.

M. Desjardins explique cela par la méconnaissance du secteur. Souvent, ces résidences sont confondues avec, notamment, les CHSLD. «Quand je vais en milieu scolaire et que je demande [aux étudiants s’ils sont intéressés par des postes dans] les résidences pour aînés, les jeunes me répondent qu’ils ne veulent pas changer des couches. Pourtant, ce n’est pas cela, le travail en résidence», illustre-t-il. Aide à la personne, entretien, cuisine, loisirs, soins infirmiers, gestion – les possibilités sont multiples.

Ces fausses croyances sont aussi accompagnées de préjugés. Dans l’esprit de plusieurs, une personne âgée est sénile et non autonome. «Il y a 
125 000 aînés en résidence, et je peux vous dire qu’il y en a qui ont leur voiture au garage et qui jouent au golf», commente le PDG.

Une autre difficulté qui complique le recrutement est le peu de formations offertes, notamment aux préposés. M. Desjardins indique toutefois qu’un diplôme – en partenariat avec le milieu de l’éducation – devrait voir le jour d’ici l’automne. «J’irai aussi rencontrer l’Ordre des conseillers d’orientation pour nous faire connaître», ajoute-t-il.

De bonnes conditions
L’époque où n’importe qui pouvait ouvrir une résidence pour aînés, sans permis, ni un minimum de services et de qualité, est révolue. La réglementation est très stricte, et il s’agit même d’une appellation contrôlée. «Au fil du temps, on s’est raffiné, affirme M. Desjardins. On a des gens qui ont des formations universitaires, et on compte de plus en plus de professionnels dans tous les domaines, du loisir à la gestion.» La réglementation a entraîné une nette amélioration de la qualité dans tout le secteur, tant sur le plan des ressources humaines et financières qu’auprès des résidants. «Le bien-être de tous est enfin passé à l’avant-plan.»

En termes de salaire, le RQRA a remarqué une amélioration ces dernières années, même s’il reste du travail à faire. Selon M. Desjardins, pour beaucoup d’employés, le salaire n’est pas l’argument principal. «Nous avons des préposés venant du réseau public qui n’aimaient pas la pression et qui disent préférer un emploi chez nous parce qu’ils veulent prendre du temps 
avec les gens. Ici, ils gagnent moins, mais ils ont le temps», raconte-t-il. Par ailleurs, il pense que les jeunes, qui ont 
vu leurs parents travailler plus 
de 60 heures par semaine, cherchent de meilleures conditions. Pour eux, la possibilité de concilier professionnel et la famille est déterminante. Il insiste donc sur la nécessité de fournir un cadre agréable, avec une charge de travail acceptable.

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