Getty Images/iStockphoto Les slasheurs sont souvent des entrepreneurs ou des travailleurs autonomes.

Travailler comme responsable marketing la semaine et être coach santé dans son temps libre?

C’est le quotidien de Maeva Djilali, 27 ans. Comme de plus en plus de personnes au Québec, c’est une slasheuse.

Multiplier les activités professionnelles par nécessité financière n’est pas nouveau, mais ce phénomène résulte aujourd’hui d’un choix volontaire et éclairé.
Qui sont ces slasheurs qui cumulent plusieurs emplois à la recherche de l’épanouissement professionnel?

Le terme «slasheur» a été rendu célèbre en 2007 par la blogueuse américaine Marci Alboher, auteure du livre à succès One Person/Multiple Careers: A New Model for Work/Life Success. «Slasheur» (ou slasher, en anglais) fait référence aux barres obliques entre les différents titres et fonctions d’un profil professionnel. Par exemple: responsable marketing/blogueur/peintre.

Les slasheurs sont souvent des entrepreneurs ou des travailleurs autonomes. Certains souhaitent consacrer du temps à leurs passions tout en travaillant, d’autres veulent mettre leur expérience au service de plusieurs clients, ou encore tester un projet d’entreprise avant de se lancer. Grâce à la technologie, qui donne la possibilité de travailler de n’importe où et de profiter d’horaires flexibles, les rangs des slasheurs ne cessent de grossir.

Pour Maeva Djilali, responsable marketing/coach santé à Foodmavie, tout a commencé lorsqu’elle a voulu convertir sa passion du bien-être en emploi. «J’ai tout d’abord concilié travail et études, dit-elle. Je ne voulais pas lâcher mon travail tant que mon projet personnel n’était pas clairement établi, organisé et rentable.»

Un choix qui se voulait prudent au départ, mais Maeva a finalement décidé de cumuler les deux projets. Aujourd’hui, elle trouve son épanouissement en partageant son temps : «Mon travail de responsable marketing m’apporte non seulement une stabilité financière, mais aussi le renforcement de certaines compétences professionnelles, tandis que mon projet personnel me permet de m’accomplir dans ma passion. J’ai besoin d’allier les deux pour me réaliser», explique-t-elle.

Des profils recherchés par les entreprises
Sébastien Savard, associé fondateur de l’agence de recrutement Sourcinc, porte sur le phénomène un regard positif. «Certaines entreprises voient les profils à multiples projets comme un excellent signe. Elles aiment leur côté entrepreneur, le fait que ces personnes qui s’intéressent à autre chose, font preuve d’initiative, s’impliquent et sont passionnées par plusieurs sujets.»

Le profil slasheur est en demande croissante dans les secteurs de la créativité et du numérique. «J’ai des clients dans le domaine de l’intelligence artificielle ou des jeux vidéo qui demandent à avoir des gens menant des projets personnels, confie Sébastien Savard. J’en ai même qui refusent ceux qui n’en ont pas!»

Devenir slasheur, est-ce l’avenir de l’emploi et l’antidote à l’ennui professionnel? Peut-être bien…

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