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Trois salariés sur dix affirment être un jour tombés amoureux au sein de leur entreprise. Mais comment concilier travail et amour? Et quand doit-on en parler à ses supérieurs et à ses collègues?

Le cubicule, le tapis gris et les néons n’ont rien de bien sexy? Détrompez-vous: 30% des 600 salariés canadiens sondés par CareerBuilder.ca ont affirmé avoir entretenu une relation amoureuse avec un collègue au cours de leur carrière.

Et selon un sondage en ligne de Monster, pour les 64% de Canadiens à qui ce n’est pas encore arrivé, la relation ne nuirait pas à leur travail. Sont-ils trop optimistes? Comment faire pour que ce genre de relation se passe bien et comment gérer la situation lorsque la relation prend fin?

Poussé par la nécessité
Pourquoi frayer avec un collègue? Lorsqu’on pose la question à Joël (nom fictif), il s’esclaffe: «Il faut vraiment être idiot!» Lorsqu’il a rencontré sa douce, ce trentenaire qui a préféré garder l’anonymat portait les lunettes roses de celui qui croit vraiment à l’avenir de sa relation.

Selon le sondage de Career Builder.ca, les rencontres à l’extérieur du travail sont responsables de 15% des relations amoureuses entre collègues. Les 5 à 7 (14%), les heures supplémentaires (9%) et les activités sociales comme le party de Noël ou les repas entre collègues (7%) sont aussi de bonnes occasions de rapprochements. Pour Joël, c’est surtout une question d’exposition qui l’a mené à rencontrer sa copine.

Engagé comme contractuel, il passait énormément de temps avec Amélie dans un milieu de travail à peu près exclusivement composé de filles. À force de travailler ensemble jusqu’à 60 heures par semaine, parfois tard le soir, de s’appeler à tout instant pour régler diverses questions et d’aller décompresser autour d’une bière après la journée de travail, il n’en a pas fallu davantage pour qu’ils se rapprochent. «Après tout ce temps passé juste tous les deux, on a rapidement laissé tomber les barrières», se souvient Joël.

Que faire pour que ça se passe bien
Lorsque leur relation a commencé, Joël et Amélie ont souhaité évacuer toute ambiguïté le plus rapidement possible. Après quelque temps à se fréquenter, les collègues se sont doutés qu’il se passait quelque chose entre eux. Il leur a donc fallu déclarer officiellement leur situation. «Le jour où on l’a annoncé, nous avons parlé à nos collègues un à la fois, explique Joël. Nous voulions être honnêtes pour éviter que ça ait l’air déplacé si on nous surprenait à nous embrasser, par exemple.»

Rester professionnel dans un tel contexte peut sembler difficile. Évidemment, le travail de l’autre est toujours teinté d’une certaine aura rosée… Qui plus est, les discussions plus corsées peuvent prendre un tour franchement personnel. C’est pourquoi Joël recommande de toujours laisser le boulot hors de la maison. «Il faut tracer une frontière très nette entre la vie professionnelle et la vie personnelle, croit-il, sinon ça use le couple prématurément.»

L’envers de la médaille
Selon Joël, c’est d’ailleurs ce qui a fini par nuire à sa relation avec Amélie. Sans grande surprise, ils parlaient de boulot à la maison et se voyaient beaucoup… trop. Lorsqu’elle a rompu en lui disant qu’elle se sentait moins amoureuse, Joël a été totalement pris de court. «C’est comme si elle avait été surexposée à moi. Elle n’avait plus les papillons ni le sentiment de manque qui donne envie de revoir la personne.» Bref, elle était désensibilisée lorsqu’elle l’a quitté après quelques mois de relation amoureuse.

Le hic, c’est qu’au lendemain de la rupture, ils ont dû remettre leur chapeau de collègues. Et Amélie, dont le travail consistait à revoir celui de Joël, est devenue plus sévère. «Soudainement, je ne faisais plus le travail assez bien à ses yeux. Évidemment que je ne faisais plus le boulot aussi bien qu’avant: j’étais bouleversé!»

Pendant les mois qui ont suivi la rupture, la cohabitation avec l’ex a été dure, et le deuil, très difficile à faire. «Quand on s’engage dans ce genre de relation, il faut être prêt à l’éventualité d’une rupture, souligne Joël, parce que tu as l’autre devant toi tous les jours!»

Un point positif de cette expérience? Les collègues, qui se sont montrés compréhensifs. «Les gens étaient plus compatissants, car ils savaient ce qui s’était passé entre nous. Ils m’ont offert du soutien. Si j’avais vécu une rupture hors du milieu du travail, je n’en aurais probablement pas parlé.»

 

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