Getty Images/iStockphoto Démarche plutôt que méthode, les ateliers Units of Writing abordent l’écriture en considérant l’élève comme un auteur à part entière.

Suscitant un engouement certain, une démarche inusitée d’apprentissage de l’écriture trace sa voie dans les écoles francophones.

Élaborés par l’équipe du Teacher’s College Reading and Writing Project de l’université Columbia, les Units of Writings roulent leur bosse depuis près de 40 ans. Ces ateliers abordent l’écriture en considérant l’élève comme un auteur à part entière.

Enseignant au primaire pendant 35 ans et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke durant plusieurs années, Yves Nadon est le pionnier de cette démarche au Québec. «J’ai rencontré des gens passionnés et passionnants il y a presque 40 ans qui m’ont fait découvrir les ateliers d’écriture, explique-t-il. L’approche pouvait sembler audacieuse à l’époque, mais elle est aujourd’hui validée par la recherche.»

Et elle se répand dans le milieu enseignant de la province. À la Commission scolaire de Mont-réal (CSDM), on observe une demande croissante d’accompagnement de la part des enseignants. L’équipe de conseillères pédagogiques responsables de ce volet accompagne six écoles et tient une liste d’attente. «La demande vient des enseignants directement, et c’est un vent de fraîcheur que ce désir d’évolution des pratiques provenant du milieu lui-même», note la conseillère Linda Fontaine.

«L’engouement est réel et croissant, mais tout aussi réel est le manque d’outils.» – Yves Nadon, auteur d’un guide adapté en français, évoquant le défaut de ressources pour les
écoles francophones.

«Trop souvent, les systèmes éducatifs d’ici et d’ailleurs exigent l’écriture, plutôt qu’ils ne l’enseignent. On en fait une tâche obligatoire. Mais s’il n’y a pas de plaisir, pourquoi aller plus loin?!» lance Yves Nadon. Les ateliers d’écriture reconnaissent à l’élève toutes les capacités de l’auteur. «On traite l’élève de façon intelligente, résume M. Nadon. Il est responsable de son apprentissage.»

«L’un des effets observés est la motivation. Or, la réussite scolaire dépend beaucoup du sentiment de compétence. Quand on prend le temps de montrer aux élèves qu’ils disposent d’habiletés d’auteur, c’est très valorisant. Nous entendons beaucoup de témoignages d’enseignants rapportant que des élèves prennent goût à l’écriture et à la lecture grâce aux ateliers.»

Le programme prévoit un temps d’écriture quotidien. «Il faut voir les résultats, renchérit Yves Nadon. J’ai montré des textes écrits par des élèves de deuxième année à des enseignants de secondaire qui n’en revenaient pas.»

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