Mario Beauregard Mélanie Lumsden, dont la mère est Autochtone et le père est belge, a été rencontrée dans un café de la rue Notre-Dame.

Depuis plus de 10 ans, Mélanie Lumsden se consacre corps et âme à briser les préjugés qui frappent la communauté autochtone, dont elle est membre. La jeune femme, qui est gestionnaire responsable de la mobilisation et des projets spéciaux pour DestiNATIONS, a cofondé en 2015 l’organisme sans but lucratif Mikana. Entrevue.

Qu’est-ce que l’organisme Mikana?
C’est un organisme que j’ai cofondé avec Widia Larivière afin de sensibiliser différents publics sur les réalités autochtones. Depuis 2015, on a donné bénévolement une centaine de conférences et d’ateliers dans des écoles primaires, des cégeps et auprès de professeurs afin de sensibiliser les gens sur l’histoire de la colonisation au Canada et les réalités autochtones contemporaines. On enseigne aussi des faits de base comme combien il y a de nations autochtones au Québec. Pendant notre implication à l’UQAM dans le Cercle des Premières Nations, on a réalisé qu’il y avait encore tellement de méconnaissance des réalités autochtones. Le racisme à l’égard des peuples autochtones, ça venait vraiment nous chercher. En faisant des recherches, on a réalisé qu’il n’y avait aucun organisme dédié uniquement à cette mission-là [de sensibilisation]. Depuis, on a collaboré avec Oxfam-Québec, le YMCA et d’autres OBNL. On est vraiment contentes de voir qu’il y a autant d’organismes qui veulent travailler avec nous, comme Amnistie internationale. Ça augure bien pour l’avenir.

Les 12 et 13 septembre, vous avez participé à la coordination des festivités à Montréal entourant le dixième anniversaire de la signature de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qui a d’ailleurs été endossée par la Ville de Montréal récemment. Que représente cet événement pour vous?
À ma connaissance, aucun autre événement ailleurs au Canada n’aura lieu pour célébrer cette déclaration. À Montréal, il va y avoir des tables rondes sur la réconciliation et des activités au Vieux-Port. Des personnalités publiques et des personnes qui ont directement contribué à cette déclaration seront là.  Évidemment, je ne suis pas toute seule derrière ça. L’administration de DestiNATIONS travaille fort aux côtés de l’APNQL [l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador] dans l’organisation de cet événement. C’est un événement symbolique important pour moi. Il y a 10 ans, le 13 septembre 2007, j’ai co-organisé une manifestation réclamant la signature de cette déclaration par le Canada. Je suis contente de voir cette évolution et la mobilisation de la Ville. C’est un geste symbolique fort.

«On le voit encore aujourd’hui, dans certains contextes, les Autochtones sont encore vus comme des citoyens de seconde classe.» -Mélanie Lumsden

Croyez-vous que les relations entre les Autochtones avec les Allochtones ont évolué pour le mieux au cours des 10 dernières années?
Il y a plus de gens qui sont conscients de ce qu’ont vécu les peuples autochtones, mais il y a encore beaucoup de racisme au jour le jour. On doit intégrer les Autochtones, leur faire comprendre que leur opinion est importante et qu’ils ont un poids dans les décisions. Mon objectif, ce n’est pas d’éradiquer le racisme. C’est impossible. Mais on peut comprendre le racisme pour mieux le combattre.

En rafale

Quel est votre livre préféré?
L’Indien malcommode : une histoire insolite des Autochtones d’Amérique du Nord, de Thomas King.

Quel a été votre dernier voyage?
J’ai été au Costa Rica en mai dernier.

Montréal en trois mots?
Rencontre, effervescence et découverte.

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, des portraits de jeunes inspirants.

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