Getty Images/iStockphoto Un nouvel essai propose notamment de bonifier le congé de paternité pour une meilleure égalité parentale.

Selon la journaliste Marilyse Hamelin, «la conciliation travail-famille concerne tout le monde». Parce qu’il s’agit «d’un enjeu de société», elle a jugé «nécessaire de brasser la cage» dans un essai publié cette semaine, Maternité, la face cachée du sexisme (Leméac), un plaidoyer pour l’égalité parentale.

«Sur le marché du travail, les mères sont désavantagées, tant du côté de l’employabilité et de la paie que de celui du cheminement de carrière», écrit-elle. Le socle sur lequel est basée toute sa réflexion? «Tant que la parentalité sera considérée comme une responsabilité naturellement féminine, il n’y aura pas de vraie égalité des chances pour les femmes, toutes les femmes, au travail comme à la maison.»

Pour étayer son propos, Marilyse Hamelin a interrogé des chercheurs, des professeurs, des militants féministes et quelques parents, en plus de présenter de nombreux exemples concrets.

Elle évoque notamment cette «mère de deux enfants qui doit parfois s’absenter du boulot pour des motifs familiaux. Elle œuvre dans un grand média depuis plus d’une décennie, mais son statut d’emploi est toujours précaire. Or, depuis le temps, elle ne compte plus les jeunes hommes en début de carrière, sans famille ni attache, travaillant sans compter les heures, qui lui sont passés devant en obtenant rapidement leur permanence.»

Une autre mère est revenue au travail après son congé de maternité «pour constater que ses principaux dossiers avaient été confiés de manière permanente à ses collègues», raconte-t-elle aussi.

Des changements suggérés
Ce n’est là que la pointe de l’iceberg. De ses constats et réflexions, l’auteure tire des suggestions qui pourraient bien être débattues sur la place publique au cours des prochains mois dans le contexte de la campagne électorale provinciale qui s’annonce en 2018.

D’abord, elle milite pour un Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) plus flexible et bonifié, allant jusqu’à proposer un congé de paternité allongé (18 semaines plutôt que 5) sans pour autant retrancher des semaines au congé parental partageable. Elle propose aussi d’augmenter les prestations des salariés vivant sous le seuil de la pauvreté, qui peuvent difficilement joindre les deux bouts en recevant 70% de leur salaire.

Marilyse Hamelin insiste enfin pour qu’on mette sur pied des équipes d’inspecteurs ayant le pouvoir de sévir contre les employeurs délinquants qui «punissent» leurs employés prenant un congé parental.

Tout ça avec pour objectif que les femmes puissent «tout avoir», clin d’œil à l’article «Why Women Still Can’t Have It All» d’Anne-Marie Slaughter, publié en 2012 dans The Atlantic.

 

Maternité, la face cachée du sexisme,

Marilyse Hamelin,

Leméac

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