Métro

Le sociofinancement est devenu une des méthodes les plus populaires – et les plus efficaces – pour les entreprises en démarrage qui cherchent à obtenir du financement. Métro s’est interrogé sur les aspects positifs et négatifs de la tendance.

Il y a plusieurs années, les entrepreneurs devaient frapper à bien des portes afin de rassembler assez de fonds pour mener à bien leurs projets. Cela demandait beaucoup de temps, et les résultats escomptés n’étaient pas toujours au rendez-vous. C’est pourquoi le sociofinancement est devenu aussi populaire auprès des entreprises en démarrage.

Selon la Banque mondiale, les sites permettant de recueillir des fonds auprès de plusieurs individus sur l’internet ont émergé au sortir de la crise financière de 2008.
Une dizaine d’années plus tard, les collectes de fonds sur l’internet sont considérées comme une vraie révolution dans le domaine des affaires. Les entrepreneurs y trouvent de plus l’occasion d’interagir directement avec le marché et avec des milliers de donateurs, de clients et de partenaires potentiels.

Jeu ouvert
«Il n’y a pas si longtemps, la majorité des investissements étaient contrôlés par une poignée d’anges investisseurs dans des clubs et des réseaux, explique en entrevue Paul Grant, spécialiste du sujet. Le sociofinancement a ouvert le jeu.»

Le succès de cette nouvelle manière de faire des affaires est déjà observable dans les statistiques. Le sociofinancement en général croît d’année en année, si bien que la Banque mondiale estime qu’il générera 93G$ d’ici 2025.

Et ces sous ne seraient pas seulement bénéfiques pour les entrepreneurs. Selon une étude de la plateforme Fund­ly, cette activité aurait créé environ 270 000 emplois et aurait injecté quelque 65G$ dans l’économie mondiale.

Tâter le marché
Aujourd’hui, on peut avoir une bonne idée de la popularité de ses produits avant même d’en avoir manufacturé un seul; inscrire son projet sur un des nombreux sites du genre agit comme une sorte de filtre.

«Cela signifie que seules les idées qui apportent une réelle valeur brilleront», affirme le spécialiste du sociofinancement Chris Bucking­ham, auteur de Crowdfunding Intelligence.

Toutefois, tout n’est pas rose au pays du sociofinancement. Cette activité est risquée tant pour les entrepreneurs que pour les investisseurs. «Il y a toujours le risque que l’entrepreneur ne mène pas son projet jusqu’au bout ou ne livre pas les produits comme prévu, précise Paul Grant. Cela dit, comme le sociofinancement devient de plus en plus professionnel, les risques diminuent.» Surtout si on planifie bien les choses.

Quoi qu’il en soit, il s’agit probablement d’une des meilleures options de financement pour les entrepreneurs inexpérimentés.

Cinq sites de sociofinancement parmi les plus populaires

  • Kickstarter. Cette plateforme se concentre sur les projets créatifs, tels que les films, la musique, les spectacles, le journalisme, les jeux, la technologie et les projets liés à l’alimentation.
  • Indiegogo. Ce site international permet aux entrepreneurs de solliciter des fonds pour une idée, un organisme de charité ou une entreprise en démarrage.
  • GoFundMe. Ici, on amasse des fonds pour des projets personnels, des fêtes ou des vacances en famille, voire pour aider quelqu’un aux prises avec la maladie.
  • CrowdRise. Consacrée aux dons de charité, cette plateforme est utilisée par des millions de personnes.
  • Haricot. Fondé à Montréal 
et mis en ligne en 2011, Haricot propose un modèle de financement public volontaire pour les projets artistiques, communautaires et étudiants, de même que pour les entreprises en démarrage.

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Le sociofinancement «pour tâter 
le pouls du marché»

Chris Buckingham répond aux questions de Métro.

Pourquoi le sociofinancement est-il si important?
Pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde, c’est le meilleur moyen de prendre part au design, à la livraison et à la mise en place de grandes idées. C’est important parce que ça élimine les barrières qui ont déjà existé dans les institutions financières. Ça donne l’occasion aux entrepreneurs de vendre leurs idées. Ça vaut la peine d’essayer: la plupart du temps, s’inscrire est gratuit.

Quels sont les avantages?
Le vrai avantage est de tâter le pouls du marché. Grâce au sociofinancement, ces entrepreneurs engagent un dialogue avec un public qui peut leur donner des commentaires.

Quels sont les risques?
Il y en a plusieurs, mais le principal, en ce qui concerne les entreprises en démarrage, c’est de révéler leur adresse IP ou de présenter au monde entier leur modèle d’affaires. Qui dit qu’un compétiteur n’est pas en train de lire leurs textes ou de regarder leurs vidéos? Pour les investisseurs, les principaux risques concernent la livraison et la qualité.

Comment réussir?
Il y a un aspect «chance» à ne pas négliger. Être assez chanceux pour voir son produit dans Métro, par exemple, peut avoir d’énormes répercussions sur une campagne. Il y a aussi certaines choses que vous pouvez faire, comme repérer des influenceurs qui pourraient parler de la campagne.

Quel avenir pour 
le sociofinancement?
La plupart des gens dans l’industrie pensent que la phase de consolidation sera la prochaine étape, mais je crois que nous allons voir émerger lentement une approche plus fragmentée où chacun financera ses idées grâce à son propre réseau et à sa créativité.

Cinq trucs pour une campagne de sociofinancement qui remporte du succès

  • Pas trop court, pas trop long. Déterminer un délai raisonnable et réaliste pour la campagne est crucial. Parmi toutes les campagnes couronnées de succès sur la plateforme Indiegogo, près 
du tiers (30,5%) ont duré entre 30 et 39 jours.
  • Rester à jour. Un des points les plus importants à respecter : mettre la page promotionnelle du projet régulièrement à jour une fois que la campagne est lancée. En moyenne, les campagnes qui ont réussi leurs objectifs ont mis à jour au moins quatre fois leur page.
  • Finir en force. Indiegogo a analysé pas moins de 100 000 campagnes et a réalisé que 42% d’entre elles récoltent leurs fonds dans les 3 premiers et les 3 derniers jours de la campagne. C’est-à-dire qu’un départ canon 
est requis pour maximiser 
les retombées et pour finir en force.
  • Le pouvoir de la vidéo. Les vidéos comptent parmi les contenus les plus populaires sur l’internet. Ainsi, les campagnes qui mettent en ligne une vidéo de présentation amassent quatre fois plus 
de fonds que les autres, selon les données d’Indiegogo.
  • Viser la planète. Peu importe où vous êtes basé, rappelez-vous que le sociofinancement vous permet de rejoindre 
des étrangers de partout 
dans le monde. Les cinq pays qui participent le plus à de telles campagnes sont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et l’Allemagne.

Source: Indiegogo

 

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