Gabrielle Ferron, coordonnatrice chez Opération Enfant Soleil, apprécie son emploi pour la complicité avec les gens qu'il lui procure et qui, croit-elle, serait difficile à trouver ailleurs.

«Vous voulez vraiment que je vous dise la vérité?», demande Jean-Pierre Deslauriers, auteur du livre Travailler dans le communautaire, quand on lui demande de décrire les conditions d’emplois du milieu communautaire. Travailler dans ce domaine n’est pas toujours facile, et bien que le secteur offre des avantages, il présente aussi des aspects desquels il faut tenir compte avant de s’impliquer.

Après des études en sociologie, psychologie, politique ou sexologie, par exemple, les finissants obtiennent souvent leur premier emploi dans le milieu communautaire. Le domaine englobe une vingtaine de champs d’activités, tels que la petite enfance, l’emploi, l’insertion sociale, le logement, les loisirs, la santé ou les services sociaux. Au Québec, on trouve près de 14 000 entreprises et organismes à but non lucratif offrant des emplois dans le milieu communautaire, dont environ 3 000 seulement sont financés par l’État.

Pour le pire…
«Les emplois dans le milieu communautaire sont reconnus pour être peu payants et pour offrir très peu d’avantages sociaux », explique Jean-Pierre Deslauriers, aussi enseignant en travail social à l’Université du Québec en Outaouais pendant 30 ans, maintenant à la retraite. Selon lui, si on compare un emploi du milieu communautaire à un autre, presque identique, mais dans un autre domaine, le salaire peut facilement passer du simple au double. Cela expliquerait d’ailleurs pourquoi les travailleurs de ce milieu sont dans l’ensemble plus jeunes que dans les autres domaines d’emplois. « Il faut être passionné pour rester longtemps dans le milieu communautaire», affirme-t-il.

… et pour le meilleur
Toutefois, malgré ces difficultés inhérentes au milieu, le type d’emploi offert dans le domaine communautaire présente aussi certains avantages qui attirent les finissants. «Les emplois sont intéressants, parce qu’il y a moins de bureaucratie que dans le secteur public, par exemple, et que la structure est moins rigide. Les emplois sont non standardisés et le travail souple permet de toucher à tout, ce qui favorise l’apprentissage rapide de plusieurs aspects liés au travail», explique Jean-Pierre Deslauriers.

De son côté, Gabrielle Ferron, coordonnatrice chez Opération Enfant Soleil, a opté pour un emploi dans un organisme à but non lucratif pour éviter de travailler dans un milieu trop compétitif et pour sentir qu’elle pouvait faire une différence. Elle apprécie son emploi pour la complicité avec les gens qu’il lui procure et qui, croit-elle, serait difficile à trouver ailleurs. «Je travaille avec des gens qui sont impliqués dans leur milieu afin d’amasser des fonds pour les enfants malades et je les aide à réaliser leurs projets. À mon avis, c’est une chance d’être payée pour aider les gens et pour travailler au nom d’une cause à laquelle on croit plutôt que pour vendre un produit», explique-t-elle.

Comme Gabrielle, les personnes travaillant dans le communautaire sont souvent des gens qui désirent changer le monde à leur façon : la plupart du temps, ils réussissent donc à faire fi des inconvénients liés au milieu. D’après Jean-Pierre Deslauriers, ce sont des personnes idéalistes qui n’hésiteront pas à travailler dans le milieu communautaire par conviction profonde.

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