Alors qu’il terminait ses trois dernières années du secondaire au Collège Saint Charles Garnier, Thomas Landry se préparait à une scolarité collégiale tout ce qu’il y a de plus ordinaire. «Un jour, j’ai entendu dans les couloirs que ce programme, Class Afloat, existait», raconte Thomas Landry. Un programme qui offre la possibilité d’étudier en mer, sur un voilier, pendant toute une année. «J’ai trouvé l’idée intéressante, alors j’ai fait les démarches nécessaires», explique-t-il. La seule chose qui aurait pu freiner le jeune homme, c’est le prix de cette expérience : pas moins de 16 000 $ pour le semestre, et 11 000 $ de plus pour l’année entière.

Et même si on possède ces fonds, il n’en reste pas moins que les exigences tant physiques qu’académiques du programme sont rigoureuses. Par ailleurs, les activités parascolaires sont  également prises en compte. «En plus de cela, il faut fournir des références et se soumettre à un test d’aptitude physique», ajoute Thomas. Enfin, une fois toutes ces étapes franchies, les postulants sont reçus en entrevue. «Pour tirer le maximum de l’expérience, il faut une certaine capacité et une bonne préparation. Sans être une forte tête, on doit être capable d’endurer le fait de vivre en vase clos», reconnaît le jeune homme.

Embarqué à bord du SV Concordia au cours de l’année scolaire 2003-2004, Thomas Landry est resté six mois sur le pont. «C’est surtout l’expérience du voyage que j’ai trouvée enrichissante. Tout ce qui était lié à l’exotisme et au voilier, confie-t-il. Ce semestre-là, on a vu 12 pays. C’était le cercle de feu du Pacifique.» Mais l’expérience Class Afloat ne consiste pas uniquement à voyager sur un voilier. Le côté pédagogique y occupe aussi une grande  place. «Quand on est dans les ports, on a des activités organisées par l’école», souligne Thomas. Mais dès que l’équipage met les voiles, les classes reprennent. «La majorité des cours correspondent à ceux du cursus collégial, avec bien entendu des cours et de la pratique en rapport avec la navigation.» Au-delà des cours, il y a la vraie vie sur le voilier. «Les manÅ“uvres de la voile, les réparations, la peinture, les cordes à changer ou la vigie, cela fait partie intégrante de la formation.»

Une formation qui a permis à Thomas d’acquérir des aptitudes qu’il n’aurait pas pu gagner en suivant un cursus traditionnel. «Encore aujourd’hui, j’en retire les bénéfices sans même m’en rendre compte. C’est une expérience unique, où on est confronté à nous-même et aux autres. C’est une expérience humaine hors du commun qu’on vit de la poupe à la proue. Il n’y a aucune échappatoire.»

Il estime aujourd’hui avoir appris grâce à ce séjour en mer la valeur du travail d’équipe et de l’effort. «En mer de Chine, on a essuyé de grosses tempêtes. On a dû grimper sur les mâts pour hisser les voiles ou les amarrer. En affrontant les éléments de la nature, on a aussi appris l’humilité. » Thomas Landry, aujourd’hui âgé de 25 ans, étudie en génie civil à l’Université Laval et est en train de monter une entreprise d’art, design et architecture.

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