L’accouchement a évolué ces dernières décennies. Finie, l’époque où l’avis de la femme ne comptait pas. Désormais, la société reconnaît que l’accouchement est un moment unique qui doit être vécu pleinement. Il existe donc plusieurs possibilités pour la femme enceinte. Elle peut désormais accoucher à l’hôpital, à son domicile ou dans une maison de naissance, accompagnée d’un médecin ou d’une sage-femme.

La renaissance du métier de sage-femme au Québec, au début des années 80, s’inscrit dans cette remise en question. «Les femmes voulaient se réapproprier la grossesse et l’accouchement», explique Claudia Faille, présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec. Elles voulaient être consultées, avoir le choix du lieu d’accouchement et avoir le même professionnel du début de la grossesse jusqu’à l’accouchement. «Et c’est ce que fait la sage-femme en assurant le suivi avant, pendant et après la grossesse», souligne Dominique Porret, présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec. «Quand on connaît la future maman, quand on la suit depuis des mois, quand on connaît son dossier médical, quand on sait comment s’est déroulée sa grossesse, ça diminue les risques et les coûts pour le système», relance Claudie Faille.

Les nouvelles sages-fem­mes ne ressemblent en rien à celles d’avant. Aujourd’hui, elles suivent une solide formation universitaire de quatre ans dispensée à l’Université du Québec à Trois-Rivières. «Les médecins sont toujours surpris par les compétences et les connaissances de nos étudiantes. Elles sont formées en réanimation natale avancée, en urgence obstétricale, en réanimation cardio-respiratoire», souligne Raymonde Gagnon, responsable du baccalauréat. Des connaissances qu’elles doivent obligatoirement remettre régulièrement à jour.

La sage-femme joue pour l’instant un rôle essentiel dans les soins de première ligne et pourrait occuper une place encore plus importante si jamais l’objectif du 10 %, contenu dans la politique provinciale de périnatalité, était atteint. Un chiffre presque irréaliste quand on sait que présentement seulement 2 % des femmes ont accès à leurs services. «Elles ne suffisent pas à la tâche. On a même des listes d’attente», précise Dominique Porret.

Les perspectives d’emplois pour les aspirantes sages-femmes sont donc très intéressantes. Mais la situation n’est pas si simple. «Ça prendrait un investissement gouvernemental. Il y a présentement plusieurs sages-femmes qui travaillent à temps partiel ou qui ne travaillent pas à cause du manque de ressources», conclut Claudia Faille.

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