Métro Si les nouveaux programmes créés par les établissements d’enseignement suivent souvent les modes, les besoins sont réels dans le domaine de la sécurité informatique et des réseaux sociaux.

Tendances. Parmi les nouveaux programmes de formation qui seront offerts cet automne, trois se penchent sur les réseaux sociaux et deux s’attardent à la sécurité informatique. Cette tendance répondrait à l’intérêt des étudiants et aux réalités du marché de l’emploi.

«Avant même que la concentration soit créée, on a remarqué que des étudiants rédigeaient des mémoires sur les médias sociaux, constate Christian Agbobli, professeur et responsable de la maîtrise en communication à l’Université de Montréal. Nous avions aussi déjà des professeurs spécialisés dans ces questions.» Ces derniers se sont donc assis avec la direction du programme pour ajouter une concentration en communication socionumérique, qui offre une dizaine de cours spécifiques. «Cela fait partie de notre remaniement de l’offre de la maîtrise en communication, pour être en phase avec l’évolution de la société», indique M. Agbobli.

Selon Jean Hamel, directeur des communications à l’Inis, la demande pour le microprogramme Devenir gestionnaire des communautés est venue autant des étudiants que des entreprises. «Les entreprises demandent de plus en plus à leurs responsables des communications de maîtriser l’usage des réseaux sociaux, estime M. Hamel. Notre clientèle veut pouvoir se présenter aux employeurs potentiels avec une formation reconnue sur le sujet.»

M. Hamel croit que la simple pratique ne suffit pas pour que les gestionnaires de réseaux sociaux connaissent bien les outils qui sont à leur disposition et les techniques d’intervention qui mettent en valeur les entreprises. «Ces techniques s’acquièrent auprès de formateurs d’expérience, qui peuvent mettre les étudiants au fait de leurs subtilités et des règles qui changent», explique-t-il. De son côté, Christian Agbobli est d’avis que son programme est nécessaire pour transmettre un esprit critique, un recul théorique et une éthique de la communication aux étudiants qui ont appris «sur le tas» le fonctionnement des réseaux sociaux.

Combattre les pirates
À l’École Polytechnique, on a voulu répondre au besoin des entreprises de protéger leurs activités en ligne, toujours grandissantes. Gervais Ouellette est fier du nouveau certificat en cybersécurité des réseaux informatiques, dont il est le coordonnateur. «On est les premiers du monde à avoir commencé ça», affirme-t-il. Selon lui, l’université est à l’écoute des besoins du milieu de la sécurité, toujours en évolution, et y a répondu par ce programme. «Il y a beaucoup de modifications attribuables à la nouvelle technologie, et de nouveaux virus peuvent mettre des entreprises à risque», avance-t-il.

Ce qui est certain, c’est que la popularité des réseaux sociaux et de la cybersécurité ne se dément pas. À l’UQAM et à l’Inis, les objectifs d’inscriptions sont dépassés. Même chose à Polytechnique, où le certificat en cybersécurité est un des plus suivis.

Pas seulement une mode
Si les nouveaux programmes créés par les établissements d’enseignement suivent souvent les modes, les besoins sont réels dans le domaine de la sécurité informatique et des réseaux sociaux, selon Mario Charette, conseiller en orientation. La demande en sécurité informatique serait présente depuis plus longtemps. «Cela fait cinq ou six ans que les entreprises ont des préoccupations importantes de ce côté-là, parce qu’elles utilisent de plus en plus l’internet dans leurs contacts internes, avec les clients et avec le public, a remarqué M. Charette. Mais les spécialistes formés en sécurité et en réseautique ne sont pas suffisamment nombreux.»

Les employeurs potentiels sont surtout les grandes compagnies qui ont de nouveaux sites web et qui pourraient être visées par l’hameçonnage ou le piratage. Les petites entreprises engagent aussi des consultants externes.

Les entreprises, cependant, commenceraient tout juste à s’initier aux réseaux sociaux. «Avant, ils étaient vus comme un loisir, mais ça commence à entrer dans la tête des gens que c’est un bon moyen pour les entreprises de communiquer un message à leur clientèle», explique M. Charette. Il croit que les perspectives d’emploi commencent à être intéressantes dans ce domaine. Le conseiller en orientation recommande donc aux personnes intéressées à être gestionnaires de réseaux sociaux d’opter d’abord pour une bonne formation en communication, puis de la compléter avec un court programme spécialisé.

Nouveaux programmes en sécurité informatique

Certificat en cybersécurité des réseaux informatiques

  • École Polytechnique de Montréal
  • 30 crédits de cours offerts par internet seulement
  • S’adresse à des enquêteurs, à des gestionnaires ou à de futurs gestionnaires de parcs informatiques qui ont déjà des compétences reconnues en informatique ou en cyberenquête.

Certificat en analyse de la sécurité de l’information et des systèmes

  • HEC Montréal
  • 30 crédits de cours
  • S’adresse à ceux qui souhaitent acquérir des compétences multidisciplinaires pour comprendre à la fois les besoins d’affaires et les aspects technologiques de la sécurité informatique.

Nouveaux programmes en réseaux sociaux

Attestation d’études collégiales en Stratégies et animation des réseaux sociaux

  • Collège Bois-de-Boulogne
  • 795 heures de formation, à temps plein
  • S’adresse à ceux qui souhaitent devenir gestionnaires et animateurs de réseaux sociaux.

Microprogramme : Devenir gestionnaire des communautés

  • Institut national de l’image et du son (Inis)
  • 3 volets indépendants et complémentaires de 14, 21 et 18 heures
  • S’adresse à ceux qui travaillent déjà dans le domaine des communications, mais souhaitent perfectionner leurs compétences dans les médias sociaux et s’ouvrir à de nouvelles poosibilités.

Maîtrise en communication socionumérique

  • Université du Québec à Montréal (UQAM)
  • Programme de 45 crédits,  2 ans à temps plein ou 4 ans à temps partiel, avec présentation d’un mémoire de recherche
  • S’adresse à ceux qui possèdent déjà un baccalauréat en communication ou dans un domaine connexe.

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