Les femmes de carrière qui ont des enfants retrouvent graduellement leur productivité, voire deviennent plus efficaces au travail, que leurs collègues sans enfant.

C’est ce que suggère une étude de la Banque de la réserve fédérale de Saint-Louis. Les chercheurs se sont penchés sur la productivité d’un bassin de 10 000 économistes universitaires, comptant des hommes et des femmes, afin de déterminer si le fait d’avoir un ou plusieurs enfants a une incidence sur le rythme de publication.

Premier constat : les premières années de maternité ont un effet négatif sur la productivité des chercheuses : -10 % pour un premier enfant et -22 % pour un deuxième. Globalement, les chercheurs évaluent qu’une femme en ayant 1 enfant perd en moyenne 2,5 années d’expérience professionnelle entre la naissance et l’atteinte de l’adolescence.

En contrepartie, ces chercheuses affichent une productivité plus élevée dans les années subséquentes.

«Nos données montrent que les économistes avec deux enfants ou plus sont plus productives que celles en ayant seulement un ou aucun, même si la différence n’est pas statistiquement significative.» – Conclusion d’une étude de la Banque de la réserve fédérale de Saint-Louis, aux États-Unis

La différence apparaît plus clairement quand on prend en considération le cycle de productivité complet d’une économiste : «Le cycle de productivité des mères d’un enfant montre une diminution après un premier sommet de productivité [avant la grossesse] et un surprenant taux de récupération en fin de carrière.»

Malheureusement, ce surprenant «taux de récupération» ne se reflète pas encore dans les salaires, puisque les femmes de toutes les professions continuent d’être moins payées que les hommes. C’est ce que conclut une étude de 2017 de Statistique Canada : «Si les femmes touchaient le même salaire que les hommes pour la même profession, leur salaire moyen augmenterait en moyenne de 2,86 $ l’heure.»

Les effets du travail de papa

Dans les dernières décennies, le regard de la société sur la parentalité a bien changé. Les pères prennent une part plus active à l’éducation de leurs enfants… mais moins cependant qu’on aime à le penser. Les femmes continuent de faire plus de tâches ménagères et de passer plus de temps auprès de leurs enfants, selon des données recueillies par le gouvernement du Québec.

Ce n’est pas sans conséquence. Deux études réalisées par le Centre de recherche en sciences sociales de Berlin mettent en lumière les conséquences d’une absence prolongée du père travailleur. La première, qui date de 2013, a été menée sur un bassin de 1 400 enfants australiens, et sa conclusion a de quoi inquiéter.

«Les garçons dont les pères travaillaient 55 heures et plus par semaine manifestaient plus de comportements délinquants et agressifs que les garçons de pères travaillant un nombre d’heures moindre.» Mentionnons que, selon l’étude, les filles ne semblaient pas affectées par le nombre d’heures de travail de leur père.

En 2016, le Centre de recherche en sciences sociales de Berlin s’est aussi intéressé à l’incidence des longs navettages non pas sur les pères, mais sur leurs enfants. Encore une fois, un papa qui passe trop d’heures dans sa voiture ou dans les transports en commun verra ses enfants en pâtir.
«Un transit quotidien de 40 km ou plus a été associé avec un niveau plus faible de comportements prosociaux [chez les enfants], et un déplacement de 60 km ou plus est lié à des problèmes entre pairs [chez les enfants].»

L’étude a également révélé qu’un père qui s’absentait sur une base régulière pendant toute la semaine pour revenir le week-end provoquait des «symptômes émotionnels» chez les enfants de cinq ou six ans.

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