Travailler fort, ça rapporte. Mais à partir de quel moment passez-vous de l’ambition saine au workaholisme?

«Le chercheur Bryan Robinson a une façon très intéressante de faire la différence entre un workaholic et une personne normale, dit la psychologue et coach en développement personnel Sylvie Boucher. La personne normale rêve de faire du ski pendant qu’elle travaille, alors que le workaholic rêve de travailler pendant qu’il fait du ski!»

À quoi reconnaît-on un workaholic dans la vie de tous les jours? Il ne lâche jamais le morceau; il fait de la microgestion et a de la difficulté à déléguer, explique la psychologue. Il a aussi la fâcheuse tendance à tout vouloir transformer en travail, allant jusqu’à choisir des passe-temps qui pourraient éventuellement devenir une business.

Ce qui distingue une ambition saine d’une dépendance au travail, souligne Sylvie Boucher, c’est le déséquilibre qui existe dans la vie de la personne. Quand elle s’investit dans son travail au détriment de tous les autres aspects de sa vie (sa famille, ses amis, ses loisirs), il y a un véritable problème. Il n’est pas facile de ralentir non plus. Car il faut bien l’admettre, il est bien vu de mettre les bouchées doubles au travail et d’en faire toujours plus.

«La personne peut même se sentir valorisée, heureuse, stimulée intellectuellement, fière de sa capacité à relever des défis. Ça peut être très positif, au début… »

Les signes de surchauffe

À un certain moment, il est possible que le corps et l’esprit ne puissent plus suivre la cadence. «Les gens qui travaillent beaucoup ne se rendent pas compte du stress qu’ils s’infligent, justement parce qu’ils sont occupés à travailler… Mais à la longue, ça finit par maganer, explique Sylvie Boucher. Surviennent alors les problèmes de concentration, de sommeil, d’irritabilité. Il peut aussi y avoir des symptômes physiques, comme des problèmes de digestion, des rhumes, des virus.»

L’entourage sera le premier à s’en rendre compte. «Parce que c’est eux qu’on néglige en premier», dit Sylvie Boucher. C’est avec leur aide qu’on pourra retrouver une vie professionnelle saine et équilibrée.

Comment reprendre le contrôle

Quand on est obsédé par le travail au point d’y penser les soirs et le week-end, on a tout intérêt à consulter un psychologue, comme on le ferait pour toute autre forme de dépendance, croit Sylvie Boucher.

«Une thérapie comportementale fonctionne très bien. C’est important d’aller chercher de l’aide et d’avoir du soutien, car, contrairement à une dépendance à l’alcool ou aux drogues, on ne peut pas se couper complètement du travail.»

Pour mettre toutes les chances de son côté, il est conseillé d’en parler non seulement à ses proches mais aussi à ses collègues et à son patron. «Ils ne seront pas surpris… annonce la psychologue. La plupart du temps, ils ont été témoins de notre zèle, ils en ont vu les conséquences sur nous.»

C’est possible qu’on ait à rassurer son patron: «On lui explique qu’on sera plus productif et plus rentable si on mène une vie équilibrée. Si on lui parle en ces termes, il devrait comprendre. Les patrons savent qu’un employé en santé est plus rentable qu’un employé en burn-out!»

Que faire si on travaille dans une organisation qui encourage le surmenage? Sylvie Boucher conseille d’établir des limites claires et d’apprendre à dire non. «Le patron est peut-être lui-même un workaholic… Dans cette situation, je suggère d’amorcer une réflexion, à savoir s’il est préférable de quitter l’entreprise… »

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